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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 14:16

Le parc du Retiro ouvre ses grilles sur la place de l'Indépendance où s'élève la Porte d'Alcala qui commémore l'entrée du roi Charles III à Madrid en 1759. Sur les 130 hectares du parc, on peut voir le monument à Alphonse XII (1922) au bord d'un lac où on peut louer des barques, le palais de Cristal (1887), copie du Crystal Palace qui existait à Londres à la fin du 19ème siècle, observer des dizaines d'oiseaux - et pas seulement les traditionnels moineaux et colombes - présentés par des panneaux explicatifs et la Casa de Vacas qui sert de cadre à des expositions temporaires. Dans ce dernier lieu, je visite une exposition sur les reines d'Espagne de Jeanne la Folle à la reine Sofia, ou comment réviser l'histoire de l'Espagne en une heure : Jeanne la Folle (Tolède, 1479 - Tordesillas, 1555) était l'épouse de Philippe Ier dit le Beau (Bruges, 1478 - Burgos, 1506), lui-même fils de Marie de Bourgogne (fille de Charles le Téméraire) et de l'empereur Maximilien Ier. Burgos, Bruges... je voyage dans toute l'Europe et je me souviens avoir vu à Innsbrück en Autriche, quelques années auparavant, le tombeau - vide - de Maximilien Ier dans la Hofkrche (église des Franciscains). Commencé sur ordre de l'empereur, le monument ne fut achevé que par son arrière-petit-fils Ferdinand II. Mais quittons Innsbruck et revenons au parc du Retiro qui voit passer joyeusement ceux qui vont fêter à la Puerta del Sol, la victoire des républicains aux élections municipales d'avril 1931 : "En route vers ce lieu symbolique du pouvoir renversé, les ouvriers de Vallecas traversèrent le parc du Retiro, le 14 avril 1931. Ce fut une marche joyeuse. On se déplaçait en famille, femmes et enfants mêlés aux manifestants enthousiastes. Il y avait des drapeaux ondoyant sur la foule. Mais les femmes portaient aussi les gamelles et les paniers des casse-croûte : on allait pique-niquer sous les ombrages centenaires de l'ancien parc royal du Retiro.

Au cours de cette migration populaire, lorsque la foule des travailleurs, après avoir contourné la roseraie, le jardin zoologique et la pièce d'eau centrale, déboucha dans l'allée des rois wisigoths, elle s'en prit aux statues. Certaines furent renversées, d'autres mutilées. Acte symbolique, certes, mais de faible teneur idéologique. A la différence de l'Angleterre et de la France, la modernité démocratique ne fut pas introduite en Espagne par la décollation d'une auguste tête royale et réelle. On se contenta de quelques têtes fictives de statues." (1)

Livre expo Reines d'Espagne : 1000 pesetas.

Les élections municipales d'avril 1931 s'ouvrent sur la proclamation de la 2ème République, le départ du roi Alphonse XIII (il mourra en exil à Rome en 1941), après la dictature de Primo de Rivera entre 1923 et 1930, et la nomination au poste de chef du gouvernement du général Berenguer (1930-1931). "Le résultat des élections municipales d'avril 1931 précipite l'effondrement de la monarchie. Bien que majoritaires dans le pays - 41 224 conseillers municipaux monarchistes contre 39 248 républicains -, les partisans d'Alphonse XIII sont mis en minorité dans toutes les grandes villes du pays, notamment à Barcelone et à Madrid. Un peu partout le drapeau républicain est hissé aux balcons des mairies. Au lendemain des résultats, les ministres démissionnent les uns après les autres. Le pouvoir est vacant. Deux jours plus tard, Alphonse XIII quitte le palais royal." (2)

Le 11 décembre 1931, Alcala Zamora est élu président de la République par les Cortes. En 1932, les élections législatives donnent une majorité aux républicains. Une nouvelle constitution est adoptée. Elle stipule que tous les Espagnols sont égaux devant la loi et que l'Etat espagnol n'a pas de religion officielle. Manuel Azana, futur président de la République de 1936 à 1939, est nommé chef du gouvernement.

Le soir, je vais au théâtre de la Zarzuela (calle Jovellanos) pour y voir une opérette (zarzuela) intitulée La Corte de Faraon et créée au théâtre Eslava de Madrid le 21 janvier 1910. La scène se passe à Memphis (Egypte) où, au début de la pièce, se déroule une fête à laquelle assistent le pharaon joué par Mario Rodrigo et son épouse, Linda Mirabal, en l'honneur des armées égyptiennes revenues victorieuses des guerres de Syrie. La cantatrice qui a le premier rôle est Mar Abascal. Le public reprend ses chansons et le spectacle finit par être plus dans la salle que sur le plateau. La mise en scène est très "moderne" avec des godemichets et autres sex-toys exhibés avec humour. Spectacle d'1 heure 30 sans entracte.

(1) Jorge Semprun, Adieu, vive clarté... (Editions Gallimard, 1998).

(2) Bernard Bessière, Histoire de Madrid (Librairie Arthème Fayard, 1996).

La Corte de Faraon, zarzuela créée à Madrid le 21 janvier 1910.

La Corte de Faraon, zarzuela créée à Madrid le 21 janvier 1910.

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