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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 16:01

La station thermale de Vernet-les-Bains dans les Pyrénées-Orientales se développe à partir de 1880 et attire sous la IIIème République, grâce à ses eaux qui soignent les rhumatismes et les affections oto-rhino-laryngologiques, l'aristocratie française, espagnole et anglaise.

Sortent de terre à cette époque, des hôtels à l'architecture haussmannienne, dont l'Hôtel du Portugal, encore visible de nos jours. Cette aristocratie ne réside pas que dans les hôtels surtout construits sur la rive gauche du Cady, rivière paisible qui descend du Canigo qui domine la station. Autour du parc du Casino, on construit douze chalets inspirés de la "rue des Nations" de l'Exposition universelle de 1878 à Paris, exposition au cours de laquelle les eaux minérales de Vernet ont été présentées. Ces chalets représentent chacun une région française ou un pays : chalet suisse, chalet alsacien, villa mauresque, etc. C'est dans le chalet alsacien que l'écrivain britannique Scott O'connor a séjourné en 1911. Ces chalets avaient, pour l'époque, tout le confort moderne : lumière électrique, salle de bain, WC, chauffage central. Ils pouvaient être loués pour quelques semaines ou pour plusieurs mois. Le prix variait en fonction de la durée et de la date du séjour : entre 8 et 40 francs par jour.

Un autre écrivain britannique, Rudyard Kipling, a séjourné à Vernet à trois reprises : en 1910, 1911 et 1914. Il accompagnait son épouse qui venait là pour soigner ses rhumatismes. Kipling, prix Nobel de littérature en 1907, natif de Bombay, est surtout connu pour son Livre de la jungle. Mais Vernet-les-Bains lui a inspiré plusieurs poèmes et nouvelles. Kipling a, en mars 1911, écrit Why snow falls at Vernet (Pourquoi la neige tombe à Vernet), nouvelle dans laquelle il se moque de l'habitude des Anglais de parler sans cesse du temps. Ces Anglais sont nombreux au début des années 1910, où on compte jusqu'à cinq cents membres. La communauté britannique a ses médecins, sa bibliothèque, un magazine, un théâtre, une salle de jeux, une salle de lecture - où Kipling vient lire les journaux de Londres -, une église anglicane dans les sous-sols du Casino (aujourd'hui musée géologique). En 1910, est lancée une souscription pour la construction d'une église anglicane sur un terrain cédé gracieusement par le comte Henry de Burnay, propriétaire de l'établissement thermal. Parmi les donateurs, on peut citer Lord Edward Grey, ministre des Affaires étrangères (Foreign Secretary), des membres de l'aristocratie, des officiers coloniaux. La première pierre en est posée en avril 1911. Les Anglais font alors la réputation de Vernet. En 1912 est élevé un monument dédié à l'Entente Cordiale franco-britannique.

Kipling qui disait que les averses ne sont ici que des interludes entre deux rayons de soleil n'a pas connu les graves inondations qui ont affecté la ville en octobre 1940. Entre le 16 et le 20 de ce terrible mois, des pluies torrentielles s'abattent sur les Pyrénées. Les torrents déchaînés érodent les pentes des massifs et provoquent une crue dévastatrice. Le paisible Cady sort alors de son lit atteignant six mètres de haut et dix de large, déposant 1,75 mètre d'alluvions dans l'avenue des Thermes. Ces inondations dévastent et emportent tout sur leur passage. C'est ainsi que les hôtels du Parc, de la Préfecture, Ibrahim-Pacha ainsi que les Thermes s'écroulent sous les assauts répétées des eaux en furie. Le paysage de Vernet est à jamais transformé. De nos jours, la station thermale a retrouvé son calme et se promener dans ses ruelles étroites et anciennes qui montent vers l'église et le château est un plaisir avec pour toile de fond le Canigo majestueux qui culmine à 2784 mètres, 66...

Vernet-les-Bains avant 1940

Vernet-les-Bains avant 1940

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Published by louisiane.catalogne.over-blog.com
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