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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 09:11

L'année 1913 s'achève dans une atmosphère de grande nervosité. Le 30 mars 1913, la conférence de Londres qui met fin à la guerre dans les Balkans ne satisfait aucun des belligérants : Turquie, Serbie, Bulgarie, Grèce, Roumanie.

En avril 1913, se produisent des incidents à la frontière franco-allemande : descente d'un zeppelin à Lunéville, d'un avion allemand à Avricourt... En France comme en Allemagne, on prépare la guerre : "Or, voici que, le 14 janvier, le gouvernement de Berlin soumet au Reichstag un projet de loi portant de sept cent mille à huit cent soixante-quinze mille hommes l'effectif sur pied de paix, et le colonel Serret, notre attaché militaire, écrit que la pensée du grand état-major allemand est, plus que jamais, de "casser les reins à la France par une guerre préventive".

Justement ému, Joffre (*), le commandant en chef désigné de l'armée française, réclame avec insistance le retour au service militaire triennal abandonné, depuis 1905, pour le service de deux ans." (1) La loi des trois ans est votée à la Chambre le 19 juillet 1913. "La montée des antagonismes en Europe amène le gouvernement français à porter, en août 1913, le service militaire de deux à trois ans. Le débat des législatives de mai 1914 se focalise alors sur cette loi qui divise l'opinion et plus généralement pose la question de l'attitude à adopter face au bellicisme des puissances. Course à l'armement ou voie diplomatique ? Rapprochement des peuples ou alliances entre futurs belligérants ? Progrès techniques ou stratégiques ou augmentation du nombre des conscrits ? Car la logique de cette réforme défendue entre autres par le maréchal Joffre, est toute comptable : en maintenant plus longtemps sous les drapeaux les appelés, l'armée française dispose à tout moment d'une masse humaine (on dira bientôt de la "chair à canon") plus importante face à l'énorme population allemande." (2) Marcel Sembat est contre cette loi. Pour lui, "voter aujourd'hui les trois ans, c'est voter demain pour les mêmes raisons, sous peine de contradiction, les quatre ans et après-demain, les cinq ans". (2)

En novembre 1913, "Guillaume II, au cours d'une conversation avec le roi des Belges, Albert, sonde ses intentions au cas où l'Allemagne passerait par la Belgique pour attaquer la France. Moltke, chef d'état-major allemand, conseille en effet la victoire rapide sur la France avant de se retourner contre la Russie ". (3) "Le roi des Belges, Albert Ier, revenant de Potsdam, fait discrètement savoir au Quai d'Orsay qu'il a trouvé l'empereur très surexcité, acquis aux desseins du grand état-major et considérant la guerre comme "nécessaire et inévitable". (1)

Le premier semestre de l'année 1914 voit les tensions s'exacerber : Le 11 mai 1914, "après les socialistes français et allemands qui se sont réunis à Bâle pour décider de l'attitude à prendre afin d'empêcher la guerre, des parlementaires français issus de la gauche se réunissent à Berne dans les mêmes intentions. La conférence ne peut formuler que des vœux pieux". ( 3) "Dans les milieux internationalistes, on se demande avec anxiété ce que feraient, en cas de conflit, les socialistes allemands et on s'efforce de trouver des interprétations favorables aux propos sibyllins de leurs chefs." (1)

Le 16 mars 1914, Mme Caillaux, épouse du ministre des Finances, tue dans son bureau le directeur du Figaro à cause d'une violente campagne de presse contre son mari. Cet événement éclipse jusqu'à l'été en France les tensions en Europe. "L'effervescence s'apaise un peu en l'honneur du roi d'Angleterre George V qui, venu officiellement à Paris, y est acclamé avec enthousiasme : Edward Grey, chef du Foreign Office, qui accompagne le souverain, notera :

"Tous ces gens qui jouissaient de cette belle journée d'avril, pourquoi eussent-ils souhaité de troubler la paix ?" (1)

Les 26 avril et 10 mai, ont lieu en France les élections législatives. Les électeurs envoient à la Chambre une majorité de gauche.

Le 12 juin, "Guillaume II a une entrevue confidentielle en Bohême avec l'archiduc François-Ferdinand, héritier de la couronne d'Autriche. Il l'encourage à en finir avec les Serbes." (3)

Le 28 juin, l'archiduc héritier de la couronne d'Autriche est assassiné à Sarajevo (Bosnie) par un étudiant serbe. Le même jour, est donné à Paris le départ du Tour de France cycliste : 15 étapes et 5 380 kilomètres à parcourir pour les 145 partants de l'épreuve. Le 10 juillet, l'étape Luchon-Perpignan est remportée par Jean Alavoine ; le 12 juillet, le Tour part de Perpignan en direction de Marseille...

(*) Le maréchal Joseph Joffre est né à Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) en 1852. Grand-croix de la Légion d'honneur, médaillé militaire, il est élu à l'Académie française le 14 février 1918. Il décède le 3 janvier 1931.

(1) La France de M. Fallières par Jacques Chastenet (F. Brouty, J. Fayard et Cie, 1949)

(2) Catalogue de l'exposition Entre Jaurès et Matisse, Marcel Sembat et Georgette Agutte à la croisée des avant-gardes (Archives Nationales, Paris, avril-juillet 2008)

(3) Histoire de la France & des Français au jour le jour par André Castelot, Alain Decaux, Marcel Jullian et Jacques Levron (Librairie académique Perrin et Librairie Larousse, 1980)

Perpignan, ville d'arrivée de la 7ème étape du Tour de France 1914.

Perpignan, ville d'arrivée de la 7ème étape du Tour de France 1914.

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