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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 18:52

"Ce fut l'expédition de Napoléon Bonaparte en Egypte qui donna son impulsion à l'étude scientifique du passé égyptien et au déchiffrement des hiéroglyphes. Avec Bonaparte commence l'égyptologie." (1)

. Les fouilles et les découvertes au 19ème siècle jusqu'à la Première Guerre mondiale :

"Presque tous les peuples civilisés ont pris part aux fouilles. Certaines découvertes sont restées sur place, d'autres sont au British Museum à Londres, au Louvre à Paris, dans les musées de Bruxelles, Turin, Leyde, Berlin, New-York et beaucoup d'autres villes." (1)

Le British Museum, qui ne se trouve pas encore dans les bâtiments construits entre 1823 et 1847 que l'on peut voir aujourd'hui, est ouvert au public en 1759. Il s'enrichit d'abord des pièces prises aux Français en Egypte en 1802 dont la Pierre de Rosette qui servit à Jean-François Champollion pour déchiffrer les hiéroglyphes. Dans les années 1820, il s'enrichit aussi d'une tête de Thoutmosis III et de Ramsès II.

A Paris, le Museum national - futur musée du Louvre - est ouvert au public en 1793, mais les salles égyptiennes conçues par Champollion ne sont inaugurées qu'en 1827.

Lors de l'expédition franco-toscane menée par Champollion en 1829 en Egypte, sont découvertes deux stèles qui commémorent une incursion du prince Séthi accompagné de son fils de sept ans, futur Ramsès II, dans le sud de la Phénicie. Deux décennies plus tard, est découverte une stèle à Kouban qui relate la richesse des mines d'or de l'Egypte. "La stèle de Kouban est maintenant conservée en France... et à Grenoble, dans la ville chère à Champollion. Elle fut découverte vers 1843 par Prisse d'Avennes dans les ruines de la forteresse de Kouban. Elle fut acquise par le comte Louis de Saint-Ferriol qui la transporta dans son château d'Uriage-les-Bains. En 1916, son fils, le comte Gabriel, la donna au musée de Grenoble." (2)

"Les travaux de Champollion sont à la base de toute l'égyptologie, science qui progressa par la suite grâce aux savants allemands : Lepsius, Brugsch, Erman et Sethe." (3) Heinrich Brugsch, né à Berlin en 1827 met au point une grammaire démotique, part pour le Caire où il rencontre Mariette.

"En 1850, un nouveau chapitre s'ouvrit dans l'histoire des fouilles en Egypte lorsque le Français Auguste Mariette en prit la direction. Aux environs du Caire et à Thèbes, il mit à jour d'importantes quantités d'œuvres d'art et d'autres vestiges ; il travaillait pourtant dans un endroit maintes fois pillé. (... ) A trente kilomètres au sud du Caire se trouve le petit village de Dahshour. Aux environs, se dressent différentes pyramides dont deux, presque en ruines, étaient autrefois recouvertes de calcaire blanc. Un des successeurs de Mariette, Jacques de Morgan, s'attacha surtout à l'examen de ces monuments. (...) En 1894, de Morgan trouvait l'accès à une salle souterraine, elle-même flanquée de toute une galerie de cryptes." (1)

"1898 vit de nouvelles découvertes dans la Vallée. On y trouva plusieurs tombes royales, entre autres celles de Thoutmosis I, Thoutmosis III et Aménophis II. (... ) En 1902, un milliardaire américain, Davis reçut du gouvernement égyptien l'autorisation d'entreprendre des fouilles dans la Vallée des Rois. Il y travailla pendant douze hivers consécutifs et découvrit entre autres la tombe de Hatshepsout et la caverne où le sarcophage et la momie d'Akhénaton avaient été cachés..." (1)

En 1902 est ouvert le Musée égyptien du Caire.

"En 1914, la concession de Davis passa à l'archéologue amateur anglais, Lord Carnavon, et à son collaborateur Howard Carter qui, lui, était un archéologue entraîné. (...) Ils purent lancer leur expédition archéologique dans la Vallée des Rois à l'automne 1917." (1) Ce sont eux qui découvriront en 1922 la tombe de Toutankhamon.

En 1911, l'archéologue allemand Ludwig Borchardt découvre à Amarna un buste de Néfertiti, épouse du pharaon Akhénaton (1390-1352 avant J.-C.), maintenant exposé à Berlin. "C'est à cette époque qu'un grand artiste créa ce merveilleux buste de Néfertiti, avec son cou mince et sa tête ornée de la coiffure royale." (3)

Entre 1910 et 1918, on découvre à Médinat Habu un palais richement décoré. "Cette "Maison de la Loi" était décorée avec tout le luxe de l'époque : peintures et ornements, dalles, tapisseries ornées de scènes de la vie animale. Des murs bleu turquoise, et en lapis-lazuli, dont les dessins étaient rehaussés de feuille d'or, contribuaient à donner une ambiance de grand luxe. Le mobilier était choisi, et le palais entouré d'un grand parc." (3)

. L'école des langues orientales :

Joseph Lakanal est à l'origine d'un rapport sur le projet d'organisation d'une école de langues orientales : "Chez les peuples les plus éclairés de l'Europe, les langues orientales occupent un rang distingué dans tous les établissements consacrés à la propagation des Lumières ; ces langues, négligées en France depuis le commencement de ce siècle, ont été presque entièrement abandonnées pendant le cours de la Révolution. Négliger la connaissance des langues orientales qui servent d'organe à la diplomatie, ne serait-ce pas abandonner la carrière des consulats à des hommes incapables de stipuler utilement les intérêts de la République ?

Ces langues peuvent se diviser en deux classes : les langues orientales vivantes et les langues orientales savantes ou mortes. Celles-ci embrassent le sanscrit et le prakrit, langue de l'Indostan ; le zend, le pazend et le pehlvy langues de la Perse ; enfin l'hébreu, le chaldéen, le samaritain, le cyrique et toutes les langues bibliques.

La connaissance de ces diverses langues est indispensable pour approfondir les antiquités de l'Asie ; il n'en est pas ainsi des langues orientales vivantes. Il est temps d'en assurer l'enseignement, parce que sans elles il est impossible de négocier avantageusement avec les naturels de l'Asie. Les langues orientales vivantes : le chinois, le japonais, le thibétain, le malais, le tamoul, le talinga, le more, l'indostani, le persan, l'arabe, le turc."

En 1795, est créée l'Ecole spéciale des langues orientales vivantes qui devient en 1914 l'Ecole nationale des langues orientales vivantes (ENLOV).

Un de ses enseignants a été, de 1881 à 1925 date de son décès, Henri Cordier, natif de la Nouvelle-Orléans (Louisiane). Linguiste, historien, ethnologue, Henri Cordier devient, après un séjour en Chine, professeur d'histoire, de géographie et de législation de l'Extrême-Orient à l'Ecole des langues orientales.

(1) de l'aube des civilisations aux débuts de la Grèce antique par Carl Grimberg (P.A. Nordstedt & Söners, Stockholm, 1963)

(2) Ramsès II, la véritable histoire par Christiane Desroches-Noblecourt (Editions Pygmalion/Gérard Watelet à Paris, 1996)

(3) La Vallée des Rois par Otto Neubert (Club des Editeurs, 1959)

Devant les grilles du British Museum, Great Russell Street, Londres.

Devant les grilles du British Museum, Great Russell Street, Londres.

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Published by louisiane.catalogne.over-blog.com
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