Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 10:57
Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales)
Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales)

Le développement touristique de Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales) date des années 1960 avec la Mission Racine, du nom de son responsable pour la région Languedoc-Roussillon. Cette Mission avait pour but l'aménagement de la côte entre Port-Camargue et Argelès-sur-Mer, afin de la moderniser, de l'urbaniser pour accueillir les vacanciers français et ceux originaires des pays du nord de l'Europe qui habituellement se dirigeaient vers l'Espagne et aussi pour contenir la constante croissance de la Côte d'Azur. En 1967, la visite à Saint-Cyprien du président de la République Charles de Gaulle lance le développement de la station balnéaire qui ne comptait à l'époque que 2600 habitants. Cette même année, le port commence à être creusé pour accueillir 300 bateaux en 1968 et 700 l'année suivante. Les villages de pêcheurs appelés "Las Routes" et "L'Aygual", se transforment pour accueillir vacanciers et villégiateurs venus pour de courts ou moyens séjours. Dans la partie la plus ancienne de Saint-Cyprien, dans ce quartier nommé "Le Village", se trouve, à l'ombre de l'église romane, la rue Jean Cocteau.

Né à Maisons-Laffitte en 1889, Jean Cocteau publie ses premiers poèmes en 1909. Dans le Paris de la Belle Epoque, il compte parmi ceux qui se rendent régulièrement chez la comtesse de Noailles : Paul Claudel, André Gide, Colette, Max Jacob. Il est aussi l'invité de Simone Casimir-Périer qui reçoit aussi Alain-Fournier et Charles Péguy. En 1914, Jean Cocteau, bien que reconnu inapte au service militaire, s'engage à la Croix-Rouge. Il vit le bombardement de Reims qu'il décrira en 1923 dans son roman Thomas l'imposteur. Jean Cocteau aime à citer ses maîtres : Erik Satie et Pablo Picasso. En 1915, il rencontre Picasso dans son atelier de la rue Schoelcher dont les fenêtres donnent sur les tombes du cimetière Montparnasse. Il convainc le peintre espagnol de faire les décors d'un ballet dont il a écrit le livret : Parade. Muté dans un service du ministère des Affaires Etrangères, il obtient en 1917 une permission grâce à laquelle il peut rejoindre à Rome Picasso et la troupe des Ballets russes - dirigée par Diaghilev - qui répète Parade. De Rome, Cocteau écrit à son ami Guillaume Apollinaire qu'il réside à l'hôtel de Russie et des Iles Britanniques sis dans la via del Babuino ("la belle rue du Singe") où ce dernier est né en 1880. Parade sera joué au Châtelet en mai 1917 et donnera lieu à un beau scandale.

En 1918, Cocteau rencontre Raymond Radiguet, auteur décédé prématurément qui a laissé deux romans : Le Diable au corps et Le Bal du comte d'Orgel. En 1937, il rencontre Jean Marais lors d'une répétition de sa pièce Œdipe roi et lui demande s'il accepterait de jouer dans une pièce qu'il s'apprête à monter au théâtre de l'Œuvre : Les Chevaliers de la Table ronde. La carrière de Jean Marais est lancée. En septembre 1939, suite à la déclaration de guerre, Jean Marais doit rejoindre son régiment d'affectation. Après la débâcle de mai 1940, il est démobilisé et rejoint Cocteau à Perpignan où ils sont les hôtes du docteur Nicolau et de sa famille. Après la guerre, Jean Marais joue dans des films de Jean Cocteau comme La Belle et la Bête (1946), Orphée (1950) et Le Testament d'Orphée (1959), dernier film du Maître au casting impressionnant : Jean-Pierre Léaud, François Périer, Maria Casarès, Yul Brynner, Charles Aznavour, Françoise Arnoul, Brigitte Bardot, Lucia Bose et Luis Miguel Dominguin - parents du chanteur/acteur espagnol Miguel Bose -, Nicole Courcel, Daniel Gélin, Serge Lifar, Pablo Picasso, Françoise Sagan, Roger Vadim, Alice Sapritch.

Il est élu à l'Académie Royale de Belgique et à l'Académie française en 1955. Il décède en octobre 1963 dans sa maison de Milly-la-Forêt.

Partager cet article

Repost 0
Published by louisiane.catalogne.over-blog.com
commenter cet article

commentaires