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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 08:29

 

 

Après trois ans passés au Québec (entre 1949 et 1952), il se produit au théâtre de l'Etoile (1) devant un public enthousiaste à qui il chante ses nouvelles et ses anciennes chansons. "Comment vous dire la joie et l'émotion que j'ai de me retrouver à Paris après ces trois ans d'absence. Trois ans, trois ans pendant lesquels vous avez travaillé et moi de mon côté j'ai travaillé aussi et comme mon travail consiste à faire des petites chansons que de temps en temps je soumets à votre appréciation, je suis venu vous apporter ce soir quelques-unes de ces chansons nouvelles que vous ne connaissez pas et puis des chansons anciennes que vous connaissez peut-être." Des chansons que lui a inspiré la Belle Province (Dans les rues de Québec, Dans les pharmacies) et des chansons anciennes (Revoir Paris, La Mer). 

En 1952, Charles Trenet a trente-neuf ans et déjà une belle carrière derrière lui. Une carrière qu'il doit à un poète roussillonnais qu'il a rencontré adolescent et qui l'a encouragé à composer et à "monter" à Paris : Albert Bausil. Jeune, Charles joue les saynètes et les revues écrites par Bausil et parcourt avec lui les beaux paysages des Pyrénées-Orientales : "Ensemble, nous avons couru les plages, les forêts, les sommets, les ermitages. Ensemble, nous avons connu ces automnes du Roussillon qui sont les plus dorés, les plus savoureux du monde, ces beaux hivers de Font-Romeu qui sont des poèmes de neige et de soleil, ces siestes d'été dans le parc de Vernet-les-Bains, au chant des torrents glacés qui descendent du Canigou, et ce doux printemps de l'heureuse Albère où l'on voit des bois de micocouliers, des pêchers en fleurs dans tous les halliers et des mimosas dans les cimetières !" (2)

A Paris, Charles Trenet rencontre un pianiste suisse Johnny Hess avec qui il forme un duo et avec qui il compose, pour eux, mais aussi pour d'autres des chansons comme Vous qui passez sans me voir qui fait un triomphe par la voix de Jean Sablon. En 1937, il se produit désormais seul, passe à l' ABC (3) en avril-mai 1938 (Edith Piaf est sa vedette américaine), tourne dans plusieurs films dont Je chante. Partout il engendre la joie. Albert Bausil décède en 1943. Charles Trenet poursuit son chemin, enregistre d'autres disques dont certaines chansons sont des hommages à sa région natale, à l'image des poèmes de son mentor :

 

Je t'aime pour ta ligne souple de montagnes,    

Pour les vallons de ton Vallespir enchanté,       

Pour les moissons de ta lumineuse Cerdagne,  

Pour ton Albère heureuse où Virgile a chanté ! (4) 

 

Quand les Albères, dans ma course, ah quelle promenade                                                                     

Avec leurs sources, leurs eaux claires en régalade 

Charmeuses me diront en souvenance

Qu'elles sont heureuses d'être en France      

Alors ému je répondrai

Mais oui je reviendrai c'est vrai. (5) 

 

Charles Trenet (décédé en 2001) restera toujours fidèle à sa région d'origine :

 

" - Etes-vous davantage audois ou catalan ?

- Je suis né à Narbonne, mais mon père était de Perpignan. Et j'ai été élevé à Perpignan. En fait je suis du Languedoc-Roussillon.

- Aujourd'hui encore, avez-vous une préférence ?

- J'aime beaucoup Perpignan et Narbonne. Ce sont deux villes tellement différentes et pourtant si proches l'une de l'autre. Perpignan est tournée vers l'avenir, Narbonne se souvient de son passé. Alors je dis toujours, mais c'est une boutade, que Perpignan est une opérette et Narbonne un opéra. Je ressens un côté plus tragique à Narbonne.

- Et Perpignan ?

- Perpignan évoque toujours, et d'ailleurs je le chante, "un Castillet tout neuf." (6) 

 

 

 

(1) Le théâtre de l'Etoile se trouvait 35 avenue de Wagram, Paris 17ème.

(2) Albert Bausil parle de Charles Trenet dans son journal Le Coq catalan daté du 11 février 1939.

(3) L'ABC se trouvait 11 bd Poissonnière, Paris 2ème.

(4) Albert Bausil, Hymne au Roussillon.

(5) Charles Trenet, Quand les cigales seront parties.

(6) Interview dans L'Indépendant du 27 décembre 1988.

 

 

 

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Published by louisiane.catalogne.over-blog.com
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