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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 08:29

 

 

Aristide Briand remet, le 12 janvier1922, la démission de son gouvernement au président de la République, en pleine Conférence de Cannes sur le problème des réparations. Il n'est rappelé aux affaires qu'en 1925.

Après la démission de Edouard Herriot, le président de la République Gaston Doumergue, désigne Paul Painlevé (Républicain-socialiste) pour être le nouveau président du Conseil. Le gouvernement est constitué le 17 avril 1925 et présenté à la Chambre le 21 avril où il est investi par 304 voix contre 217 et 41 abstentions. Le ministre des Affaires étrangères de ce nouveau gouvernement s'appelle Aristide Briand. Le ministère Painlevé est marqué par la Conférence de Locarno (Suisse) que se tient du 5 au 16 octobre 1925. La France y est représentée par Aristide Briand, l'Allemagne par le chancelier Luther et par Gustav Stresemann, le Royaume-Uni par Sir Austen Chamberlain, l'Italie par Mussolini. C'est un pacte à quatre bien que d'autres délégations y soient présentes : la Belgique représentée par Vandervelde, la Tchécoslovaquie par Benes, la Pologne par le comte Skrzynski.

"Je ne veux avoir aucun contact personnel avec le chef du gouvernement fasciste", déclare au président de la Conférence Austen Chamberlain, le socialiste belge Emile Vandervelde, ami personnel du député italien Matteoti que Mussolini a fait assassiner.

Chamberlain répond :

"Tout sera arrangé pour éviter toute rencontre, et vous ne vous apercevrez tous les deux que le jour de la signature... et de loin !"

(...) "Finalement, le 16 octobre au soir, les quinze cents habitants de Locarno se pressent devant les verrières du palais de justice, pour voir ministres, alliés et Allemands, écouter la lecture du nouveau Pactye de Locarno, et le signer." (*)

Les clauses du pacte sont : - L'Allemagne reconnaît ses nouvelles frontières occidentales, clause importante pour la France et la Belgique, qui implique que le Traité de Versailles (1919) n'avait pas de valeur. Cela implique aussi que l'Allemagne ne reconnaît pas ses frontières orientales. Les Polonais qui ont des représentants dans les coulisses sont furieux. - Les nouvelles frontières occidentales sont garanties par l'Angleterre. - L'Allemagne accepte la démilitarisation de la rive gauche du Rhin et obtient en contrepartie l'égalité en droit. Cette clause annule celle du Traité de versailles qui disait que les vaincus devaient se reconnaître coupables. Au nom de l'égalité en droit, l'Allemagne entre à la Société des Nations (S.D.N.) et obtient l'évacuation de la rive gauche du Rhin.

"L'Allemagne, ennemie hier, ne vient-elle pas d'apposer sa signature sur huit protocoles de réconciliation ?

Le chef de cabinet de Briand, Alexis Léger, explique à tous et à chacun : "Messieurs, la France obtient enfin sa sécurité sur le Rhin ! Maintenant, automatiquement, les forces anglaises et italiennes viendraient aider la France si jamais les Allemands manquaient à leur parole ; dorénavant, plus de crainte pour l'avenir. Plus de guerre. L'Allemagne entre à la S.D.N., bien que notre occupation en Rhénanie continue." (*)

En France, l'homme de la rue et l'opinion publique sont enthousiastes, persuadés que Locarno va défintivement instaurer la paix. Dans le Matin, Henry de Jouvenel titre : "Le plus grand événement depuis la guerre". Mais les milieux nationalistes et conservateurs font observer que le pacte de Locarno contraint la France à évacuer la Ruhr et à renoncer à la contrainte et aux sanctions contre l'Allemagne.

Le 29 octobre 1925, Paul Painlevé forme un nouveau gouvernement qui obtient la confiance de la Chambre par 221 voix contre 189, les socialistes s'étant abstenus. Mais ce ministère démissionne le 22 novembre, démontrant bien que le Cartel des Gauches (élu en 1924) est bien mort. Dès le lendemain de la démission de Painlevé, le président de la République fait appel à Aristide Briand pour former le nouveau gouvernement qui est présenté à la Chambre le 2 décembre. Dans son discours d'investiture, Briand demande à la Chambre de se préparer à voter ses mesures financières et à approuver les accords de Locarno. Il annonce aussi son intention de rétablir le scrutin d'arrondissement pour les élections législatives de 1928. Le Traité de Locarno est approuvé le 26 février 1926 par 413 voix contre 71.

Le ministère Briand tombe sur des questions financières le 6 mars 1926. mais Briand se succède à lui-même le 9 mars. Son ministère tombe de nouveau le 17 juillet 1926.

Du 23 juillet 1926 au 12 janvier 1932, Aristide Briand ne quittera pas le Quai d'Orsay même quand il redevient président du Conseil entre juillet et novembre 1929. Il est le ministre des Affaires étrangères dans les gouvernements Poincaré (1926-1929), Tardieu (1929-1930), Chautemps (1930), Steeg (1930-1931) et Laval (1931-1932).

Aristide Briand meurt le 7 mars 1932.       

 

(*) Extraits de Vingt ans de suspense diplomatique de Geneviève Tabouis ( Editions Albin Michel, 1958)  

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