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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 09:07

 

 

En avril 1925, après la démission du gouvernement de Edouard Herriot, le président de la République, Gaston Doumergue désigne Paul Painlevé pour être le nouveau président du Conseil. Painlevé constitue son gouvernement le 17 avril et il le présente à la Chambre le 21 avril. En voyant que Joseph Caillaux fait partie du gouvernement,en tant que ministre des Finances - son épouse avait assassiné le directeur du Figaro en 1914 à la suite d'une campagne de diffamation -, la droite montre sa réprobation par des sifflets et des cris. Mais le ministère est investi par 304 voix contre 217 et 41 abstentions. Le lendemain, 22 avril, Edouard Herriot est élu président de la Chambre en remplacement de Paul Painlevé.

Aristide Briand est le ministre des Affaires étrangères de ce nouveau gouvernement dont l'action est marquée par la Conférence de Locarno (Suisse) qui doit se tenir du 5 au 16 octobre 1925 (voir notre article du 13 mars). "Ce soir-là, 16 octobre 1925, à Locarno les délégués ont vraiment confiance en l'avenir !" (*) Le pacte de Locarno prétend amener une détente morale envers les nations et faciliter la solution de beaucoup de problèmes politiques ou économiques. Les frontières fixées à Versailles en 1919 entre l'Allemagne, la Belgique et la France sont garanties par le fait que ces trois puissances s'engagent à ne pas les modifier par la force. En échange, l'Allemagne est à l'abri d'une opération comme celle qui vient de se terminer dans la Rurh et qui avait débuté en 1923. En revanche, les frontières orientales et méridionales de l'Allemagne ne reçoivent aucune garantie. Les Polonais par la voix du comte Skrzynski quittent Locarno furieux.

Le 29 octobre 1925, le gouvernement Painlevé tombe et Painlevé se succède à lui-même pour un mois. Les socialistes n'accordant pas leur confiance à ce gouvernement, ce dernier tombe le 22 novembre. Le Cartel des gauches élu lors des législatives de 1924 est bien mort. Le lendemain, Gaston Doumergue appelle Aristide Briand pour former le nouveau gouvernement qui est présenté à la Chambre le 2 décembre. Dans son discours d'investiture, Briand demande à la Chambre de se préparer à voter ses mesures financières et à approuver les accords de Locarno. Il annonce aussi son intention de rétablir le scrutin d'arrondissement pour les législatives de 1928. Briand est aussi ministre des Affaires étrangères, Paul Doumer est aux Finances. Le 26 février 1926, après une longue discussion durant laquelle les critiques sont nombreuses, la Chambre approuve les accords de Locarno par 413 voix contre 71. Le gouvernement Briand tombe le 6 mars 1926. Briand se succède à lui-même et est de nouveau renversé le 15 juin principalement pour des problèmes financiers. Le ministre des Finances, Raoul Péret, démissionne devant les difficultés financières et envoie au président de la République une lettre dans laquelle il écrit : "Le pays, pour reprendre confiance, attend une réconciliation des partis. Il considère que dans les heures graves qu'il traverse, tous les partis devraient se trouver représentés au sein du gouvernement et être associés aux responsabilités du pouvoir. Un ministère d'Union nationale pourra seul, à ses yeux, amener le salut du franc." Se succédant de nouveau à lui-même, Briand tente vainement de former un gouvernement d'Union nationale de Poincaré à Herriot. Si Poincaré accepte, Herriot décline l'offre. Mais lorsque Briand offre le portefeuille des Finances à Poincaré, ce dernier pose des conditions pouvant difficilement être satisfaites, comme  le vote par la Chambre dans les quarante-huit heures, de 7 à 8 milliards d'impôts indirects nouveaux. Briand fait donc appel à Caillaux qui la veille a prononcé un discours très modéré dans lequel il préconise les restrictions des imputations, les économies, la discipline des contribuables, le refus de l'emprunt et la restauration de la stabilité monétaire. Le 30 juin 1926, le gouvernement Briand obtient la confiance par 292 voix contre 130 et 120 abestentions. Alors que la Livre Sterling était à 173 francs le 30 juin, elle arrive à 202 francs le 16 juillet, jour où le ministre des Finances propose à la Chambre un programme classique pour redresser la situation financière. Mais pour tenter de mettre ses projet en oeuvre, il demande les pleins pouvoirs au Parlement. Cette demande provoque un mouvement d'opposition aussi bien à droite qu'à gauche et c'est Herriot qui va, lors du débet du 17 juillet 1926, mener une campagne pour renverser le gouvernement qui tombe par 288 voix contre 243. Poincaré devient le nouveau président du Conseil. C'est la période où Aristide Briand reste au Quai d'Orsay du 23 juillet 1926 au 12 janvier 1932.  

 

(*) Vingt ans de suspense diplomatique par Geneviève Tabouis (Editions Albin Michel, 1958)

 

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