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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 22:24

Le jour était déjà levé; moi aussi. J'ouvris les volets et leur grincement fit s'envoler quelques pigeons paresseux. En haut, le soleil faisait apparaître ses premiers rayons. Ma chambre d'hôtel s'illumina. En bas, la terrasse du Café du Monde, avec ses tables rondes maladroitement alignées, étaient occupées par quelques personnes qui parlaient entre elles ou lisaient des gazettes. J'entrepris de descendre et de m'y installer. "Garçon, un café au lait avec deux beignets s'il vous plait !" La place où je me trouvais me faisait penser à Venise. De ma table, je pouvais observer le spectacle de la rue, le va-et-vient des passants, les livreurs de victuailles aux restaurants voisins, j'essayais de comprendre les mots latins que les gens s'échangeaient - Hola, bon dia -, j'entendais le carillon d'une église toute proche. La maison, face à moi, avec ses voûtes en ogive et ses fenêtres géminées surmontées de décorations sculptées se donnait des airs de palais des doges. Je l'imaginais des siècles en arrière avec sa bourse du commerce, son tribunal de pêche, ses salons de réception. Le navire, caravelle ou gallion, qui ornait le sommet du pignon semblait fendre les océans les plus dangereux et rappelait par ce mouvement audacieux, que la ville avait été un grand port de commerce et une rivale menaçante pour les contrées environnantes. L'élégance du bâtiment soulignait la richesse d'une époque prospère et flamboyante. Celui qui le jouxtait était moins haut et avait été construit avec des matériaux différents. Le premier étage était en pierre de taille et ses ouvertures avaient de fines colonnes surmontées de chapiteaux corinthiens. Le second niveau était fait de plusieurs rangées de galets séparés par des briques minces. Le niveau inférieur était gris mais les étages.supérieurs étaient pavoisés et avaient fière allure. La présence de bannières qui claquaient au vent me disait qu'il s'agissait d'une maison commune. Son entrée était large, faite de deux voûtes en plein cintre et fermée par de lourdes grilles. Une troisième maison aux allures austères se dressait à côté mais je ne pouvais pas la décrire me tenant trop loin pour pouvoir en détailler les éléments et en apprécier le style. L'architecture de la maison en bas de laquelle se trouvait la terrasse où j'étais assis était simple. Seul le premier étage retint mon attention. Il  y avait trois grandes fenêtres qui donnaient sur un balcon filant dont le garde-corps était en fer de style espagnol et me rappelait les balcons des maisons du Vieux Carré à la Nouvelle-Orléans. La rive opposée aux bâtiments majestueux qui en disaient long sur la prospérité de la ville à l'époque de sa splendeur était bordée de trois maisons reliées entre elles par des ponts au niveau de leur dernier étage et qui enjambaient d'étroites ruelles qui menaient à un castillet, ultime vestige des remparts démolis un siècle plus tôt. Je restai là un moment; l'endroit devenant de plus en plus animé. En son centre, sur un piédestal, se tenait debout une femme dénudée tenant dans sa main gauche une pomme, le bras levé à la hauteur du menton. Il devait s'agir d'une statue callipyge du 19ème siècle. La déesse Pomone restait non de marbre, mais de bronze,  indifférente à l'effervescence que connaissait ce lieu dont j'ignorais le nom. Comment s'appelait-il ? On me dit plus tard que j'étais sur la "plaça de la Llotja" que je traduisis mentalement par loge ou bourse.                  019.JPG                                                                      

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo, façade du Palais des Corts, Perpignan

       

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