Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 17:07

 J'aurais pu visiter ce grand musée qui venait d'ouvrir au public, chef d'oeuvre de l'architecture en aluminium et en verre, tout transparent et luminueux, qui montrait par une présentation inhabituelle des oeuvres des élèves de l'école des Beaux-Arts. Pénétrer dans ce haut lieu de l'art contemporain qu'était l'IOWA ( Institute of Works and Art ) ne m'aurait pas déplu. Mais m'enfermer dans un bâtiment fut-il le plus beau musée du monde, m'aurait éloigné de l'intensité de la ville et je préférais humer l'air extérieur et m'imprégner de la vie de la cité qui avait encore tant de choses à m'apprendre. Le déjeuner avec Anastasia avait été copieux mais l'idée de prendre une collation dans ce salon de thé au coin des rues des Trois Journées et des Quinze Nuits. Je ne quittai pas le monde des couleurs et entrai dans l'antre de la confiserie. En m'apportant une tasse de chocolat chaud, le pâtissier m'intéressa à la confiserie locale et me proposa des rousquilles, petits gâteaux ronds à l'anis, à la fleur d'oranger et au miel. Il avait aussi de la pâte d'amande avec un fruit confit à l'intérieur. Il me fit entrer dans la pièce où il confectionnait ses pâtisseries et me permit de prendre une photo des grilles sur lesquelles elles avaient cuit et qui sortaient tout juste du four.

Dans la salle où se pressaient les consommateurs et amateurs de ces douceurs, qui y étaient venus pour se réchauffer entre achats de Noel et passage devant les vitrines animées, un poste de télévision fonctionnait en sourdine; on y voyait un poète catalan nouveau lauréat du prix Nobel de littérature, un reportage sur le tournage d'un film dans un fort construit par Vauban et qui dominait une côte vermeille et radieuse et un autre sur la grève des pêcheurs de homards contre la concurrence étrangère.

La nuit commença005-copie-1.JPG de tomber. Devant l'hôtel de ville, sur une patinoire éphémère, des patineurs novices et expérimentés traçaient sur la glace des formes incertaines devant des badauds chargés des paquets et des cadeaux qu'ils offriraient au cours de la Sainte Nuit. Quand ce soir divin arriverait, j'aurais quitté cette ville depuis longtemps. Ma chambre au dessus du Café du Monde serait alors occupée par d'autres personnes, d'autres touristes, d'autres amoureux de cet endroit si particulier enraciné dans sa culture qui ne pouvait laisser indifférent. Mais cet endroit existait-il ? Nous étions à deux pas des fêtes de fin d'année et pourtant le soleil brillait de tous ses rayons. J'avais toujours rêvé d'une Saint Sylvestre par un temps merveilleux et serein semblable à celui que l'on a à la Saint Jordi, lorsque les roses éclosent et que les livres s'écrivent et s'offrent. Je serais loin d'ici ! Je passerais bien les réveillons dans cet endroit mais le venin du voyage m'oblige à partir; en train ? en avion ? Je ne sais. La gare est au bout de cette longue rue plantée de platanes, des taxis s'y dirigent et sa pendule indique l'heure du départ. Les voyageurs dont je suis montent en voiture, les quais se vident, un coup de sifflet retentit et tout va vite, très vite, vingt-trois minutes pour parcourir quarante-quatre kilomètres dont un tronçon sous un long tunnel... 

 

Photo, rousquilles et friandises dans la vitrine d'un pâtissier de Perpignan      

Partager cet article

Repost 0
Published by louisiane.catalogne.over-blog.com
commenter cet article

commentaires