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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 22:44

B.-Pivot-007.JPG 

 

 

 

 

Perpignan, le 5 janvier 2013

 

 

 

 

Cher Bernard Pivot,

 

 

 

J'ai eu la chance et le plaisir, comme deux cents autres personnes, d'assister à la présentation de votre livre Oui, mais quelle est la question ?, hier soir à Perpignan.

Vous avez avec maestria parlé du rôle qui a été le vôtre en tant que questionneur pour la presse écrite et pour la presse parlée, avoué que vous aviez toujours aimé posé des questions et admis que poser des questions était avoir le privilège de l'offensive. Vous avez dit que poser des questions pour la presse parlée et poser des questions pour la presse écrite étaient deux exercices différents car contrairement à un entretien reproduit dans un magazine, lors de vos émissions littéraires vous n'aviez pas le droit à l'erreur, à la question banale et sans intérêt. Vous avez parlé avec émotion de votre entretien avec Soljenitsyne dans sa maison du Maine aux Etats-Unis, sans doute le plus émouvant de votre carrière.

Vous avez dédicacé des livres, dont le mien, Dictionnaire amoureux du Vin (*), ce  dont je vous remercie chaleureusement par un "à Pascal, cet autoportrait au verre de vin que je lève à votre santé ! Bernard Pivot, Perpignan, le 4 janvier 2013". 

Vous avez ensuite dîné dans un restaurant du centre historique de la cité catalane. J'aurais aimé vous suivre jusqu'à cet endroit. J'aurais pu alors vous dire combien j'aimais votre émisson Double Je, quand vous alliez sur tous les continents à la rencontre de personnes connues et moins connues ayant en partage l'amour et la passion de la langue française. Il m'arrivait d'enregistrer sur d'antiques cassettes VHS certaines de vos émissions qui étaient diffusées fort tard. J'ai ainsi pu conserver votre Double Je à Venise, à Berlin, à Alexandrie, à New York. J'ai toujours considéré que quelqu'un qui parlait le français était quelqu'un de cultivé, de sensible et de délicat. La ville de Perpignan est elle-même jumelée avec Lake Charles, une ville de Louisiane entre Lafayette et Houston, au coeur du pays cajun où encore de nos jours, de nombreuses personnes parlent le français, non pas celui de France, mais celui de leurs ancêtres venus principalement du Poitou au 17ème siècle. J'aurais pu vous dire combien il est utile de garder le français, alors que nous-mêmes n'avons plus conscience de cela, croyant qu'en France cela va de soi, tandis que nous nous laissons submergés de termes pseudo anglo-américains, dans nos milieux professionnels, dans nos rues et sur nos écrans de télé. La force de ces gens qui vivent de Montréal à Lafayette en passant par la Nouvelle-Angleterre est d'avoir pris conscience que le français était menacé et qu'il fallait le préserver, qu'il fallait garder son vocabulaire, son intonation, sa musicalité. Vous avez par vos dictées appréciées de tous redonner son blason à une langue qui n'avait plus le moral et qui avait besoin de vous pour lui redonner ses couleurs. Je vous remercie comme les deux cents personnes présentes dans la salle devenue trop petite du Conseil Général pour votre bonne humeur et pour nous avoir fait partager vos goûts littéraires.

 

Je vous souhaite une très bonne année et je vous prie d'agréer, Cher Bernard Pivot, l'expression de ma haute considération,

 

 

Pascal Yvernault 

Délégué pour les Pyrénées-Orientales de l'association France-Louisiane/Franco-Américanie.

www.louisiane.catalogne.over-blog.com

 

 

(*) Dictionnaire amoureux du Vin, Bernard Pivot de l'Académie Goncourt (Plon, 2006). 

 

 

Photo : Bernard Pivot, invité du Conseil Général 66 et du Centre Méditerranéen de Littérature, à Perpignan, le vendredi 4 janvier 2013 est aussi membre du Comité d'Honneur de France-Louisiane/Franco-Américanie, association créée en 1977, reconnue d'utilité publique en 1987 dont le siège est

17 avenue Reille

75014 Paris 

 

 

 

 

 

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