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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 09:07

 

 

 

 

Perpignan 3 janvier 2012 001

 

 

Les années se suivent et se ressemblent. Chaque année, on se souhaite une bonne année et une bonne santé. Très important la santé. En branchant ma radio ce matin, je ne savais plus si nous étions en 2012 ou en 2013. Le 2 janvier 2012, l'invitée de Patrick Cohen du 7-9 de France Inter était Nathalie Kosciusco-Morizet. Le 2 janvier 2013, l'invitée de Patrick Cohen du 7-9 de France Inter était... Nathalie Kosciusco-Morizet !

A 20 heures lundi soir, je n'ai pas regardé les voeux présidentiels, trop occupé que j'étais à choisir dans mon immense penderie, un pantalon, une chemise et un noeud pap... sans oublier les chaussures. Le président de la République était, parait-il, debout derrière un pupitre car Il vaut mieux mourir debout que de vivre à genoux. Ceux qui l'ont écouté ont pu se demander si 2013 ne rimerait pas avec malaise. Nous vivons une crise majeure, serrons les rangs ! C'est drôle, j'ai déjà entendu ça il y a quarante ans à l'occasion d'autres voeux. Beaucoup disent que la nouvelle année n'apportera rien de bon et pourtant ce beaucoup-là aime fêter son arrivée comme il se doit avec des cris de joie.

Je n'aime pas souhaiter la bonne année. Souhaiter la bonne année à quelqu'un peut paraître anodin. C'est pourtant quelquefois casse-gueule. Mieux vaut bien connaître la personne à qui on présente ses bons voeux. J'ai une fois souhaité la bonne année à une dame qui, m'a-t-elle appris, venait de perdre sa fille. J'en ai perdu tous mes moyens et j'ai longtemps regretté mon geste de bonne volonté.

Le réveillon, en tout cas le mien, s'est bien passé : il y avait de quoi manger et boire pour une semaine et le compte à rebours a bien fonctionné. 5, 4, 3 , 2, 1, zéro... Nous étions quarante sur notre trente et un et je n'ai jamais embrassé - sur les joues bien sûr ! - autant de personnes en cinq minutes qu'en un mois normal, chiffre donné en fonction des variations saisonnières. Je suis rentré vers trois heures la tête dans les étoiles.      

Hier matin vers huit heures, je me suis réveillé avec la gueule de bois et la sonnerie du téléphone dans les oreilles. A l'appareil, Julien Verjoul qui me demandait de le rejoindre à Collioure pour le petit déjeuner. Je me suis traîné jusqu'à mon véhicule. Heureusement qu'un disque d'Ella Fitzgerald accompagnait ma route. "Heaven, I'm in heaven..."  Sur la quatre voies entre Perpignan et Collioure, pas une voiture. Seul un 4x4 me doubla à vive allure. "When we are together dancing cheek to cheek..." Le château Valmy se dressait avec difficulté. De gros nuages stagnaient au-dessus du Roussillon et les Pyrénées étaient une montagne bien noire. La tour Madeloc apparut sur sa colline. Mon court trajet prenait fin. Le port de Collioure était déjà bien réveillé, à moins qu'il ne se soit pas couché de la nuit. Les diurnambules étaient les noctambules du réveillon. Les mêmes mais avec des yeux cernés. Julien m'attendait sur le parking de la gare, celui-là même qui est interdit aux camping-cars mais où une centaine de ces véhicules avaient pris place pour la nuit. Des personnes venues de tous les coins de l'Europe s'y étaient donné rendez-vous pour voir le feu d'artifice du nouvel an. Les rues étaient jonchées de cotillons que des employés municipaux s'ingéniaient à faire disparaître comme pour faire oublier qu'une fête joyeuse avait eu lieu là quelques heures auparavant, comme pour effacer toute trace de joie et de plaisir. Nous vivons une crise majeure, serrons les rangs ! répétaient les chaînes d'information continue. Julien entra dans une librairie pour acheter le dernier polar paru aux éditions de la nuit. Domenica, l'amie de Julien, me proposa d'aller jusqu'à la grille du petit phare pour faire un voeu selon la tradition colliourencque, tradition que personne ne semblait connaître car les gens marchaient sur la jetée, qui en consultant son portable, qui en prenant des photos, et tous dédaignaient la grille rouillée pourtant porteuse de bons sentlments et d'espoirs. Nous rejoignîmes Julien un peu plus loin, près de l'immense tente montée pour l'occasion sur le Boramar et sous laquelle jeunes et vieux avaient dansé jusqu'à l'aube, s'étaient enlacé et avaient même flirté, bref avaient passé du bon temps.

Il est une obligation quand on veut avoir de l'argent toute l'année, c'est de manger des lentilles au cours du jour de l'An. Un ami m'invita au cinéma main dans la main - c'est le titre du film -, et me proposa ensuite de partager un plat de lentilles avec lui dans sa petite salle à manger dont un des murs est garni d'un tableau, ode à la liberté et à la deshinibition. Je n'ai ni carottes, ni oignon, s'excusa-t-il, mais les lentilles étaient bien cuites et seule l'intention comptait. Je rentrai vers 23 heures en me disant encore-un-jour-de-l'An-de-fini, cinquante-troisième du nom en ce qui me concerne, avec le désir de passer une bonne année, que je vous souhaite excellente et pleine de bonheur.

 

 

 

 

Photo, à Perpignan le 3 janvier 2012 : les années se suivent et se ressemblent.    

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