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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 00:01

 

 

035-copie-1.JPGA Valence, Casanova rencontre Nina Bergonzi, danseuse de ballet au théâtre de Santa Cruz qui se trouvait carrer de hospital et qui était à l'époque le seul théâtre de Barcelone, le Liceu n'étant pas encore construit. Cette Nina avait été chassée de Barcelone pour sa conduite outrageante lors d'une représentation.

"J'assistais un jour au combat de toros, quand je distinguai sur la banquette une jolie femme d'une tournure distinguée et parfaitement mise. Sur ma demande, un voisin me dit son nom :

- C'est la fameuse Nina !

- Pourquoi fameuse ?

- Si vous ignorez son histoire, elle est trop longue pour que je vous la raconte ici.

(...) Au moment où les spectateurs se retiraient, j'allai présenter mes hommages à la belle. Elle y répondit par une gracieuse oeillade et en posant familièrement sa main sur mon bras. Je la conduisis jusqu'à son équipage, attelé de six mules magnifiques, et, comme je prenais congé d'elle, elle me répondit par un : Je vous attends à déjeuner pour demain matin."

Plus tard, ayant obtenu l'autorisation de rentrer à Barcelone, Nina demande à Casanova de la suivre. L'aventurier vénitien espérait pouvoir poursuivre sa route vers la France, puis vers l'Italie, mais l'état de ses finances lui fait accepter la proposition de la danseuse car cette dernière prêtera tout l'argent dont il aura besoin. Par précaution et pour éviter le scandale, Nina étant la maîtresse du vice-roi de la Catalogne, Nina demande à Casanova de quitter Valence un jour avant elle et de l'attendre à Tarragone. Arrivé dans cette ville, Casanova loue deux chambres dans une auberge. "Je quittai Valence un jour avant elle, et, suivant nos conventions, j'allai l'attendre à Tarragone où nous passâmes la nuit ensemble. Nous entrâmes séparément dans Barcelone, et j'allai descendre à l'hôtel Santa Maria."  A Barcelone, et uilisant ses habituelles lettres de recommandation, Casanova rencontre plusieurs grands personnages ; il rend aussi souvent visite à Nina mais tard le soir. " Ayez soin de ne vous présenter qu'après dix heures ; c'est le moment où le comte me débarrasse de sa présence." Pourtant mis en garde, Casanova ne renonce pas à ses visites nocturnes. Mais un soir, Casanova a la désagréable surprise de voir chez Nina, Giacomo Passano, italien d'origine génoise, peintre à ses heures. Casanova ordonne qu'il soit chassé, ce qui est fait, mais Passano menace de se venger. "Le 14 novembre, en arrivant chez Nina, je trouve auprès d'elle un individu à mine suspecte, qui lui montrait un portrait en miniature ; cet individu n'est autre que l'infâme Passano, dont le nom se trouve malheureusement pour moi, écrit à presque toutes les pages de ces mémoires. Le sang me monte au visage, mais j'ai assez de force pour me contenir." Passano est donc chassé, mais lorsque Casanova quitte le domicile de sa belle le lendemain soir, il est assailli par deux hommes et il échappe de peu à un coup de feu. "Il était minuit. Je venais de prendre congé de ces dames, et j'avais fait à peine vingt pas dans ce passage, lorsque je me sens saisi violemment au collet. Je me débarrasse de mon adversaire au moyen d'un violent coup de coude, et, sautant promptement en arrière, je mets l'épée à la main, et je porte une botte vigoureuse à un autre individu qui, le bâton levé, allait se ruer sur moi ; puis je me hâte d'escalader le mur de clôture, et me voilà dans la rue. Un coup de pistolet, qui part à mes oreilles, me fait fuir à toutes jambes ; mais, dans ma précipitation, je me laisse choir, et me relève tout aussitôt, oubliant de ramasser mon chapeau." Le lendemain matin, Casanova est arrêté et jeté en prison. "Cependant j'avais quelque appréhension de ce qui m'arriva à mon réveil. Mon lit était entouré de sbires : on fait main basse sur mes papiers ; on s'empare de ma personne, et me voilà à la citadelle. On me dresse un mauvais lit : mon portemanteau m'est remis ; puis les verrous sont tirés, et je reste plongé dans mes réflexions. J'avais peine à établir quelque rapport entre l'attaque nocturne dont j'avais failli être la victime et mon incarcération dans une prison militaire (...)

Le 28 décembre, le même officier qui avait procédé à mon arrestation se fait ouvrir le cachot, et m'ordonne de m'habiller et de le suivre." Casanova a ordre de quitter Barcelone dans les trois jours et les frontières de la Catalogne dans les huit jours. Le 31 décembre 1768, Casanova quitte Barcelone avec un domestique en direction du Nord. "Je quittai Barcelone le dernier jour de l'année 1768, me dirigeant sur Perpignan."    

 

Photo, Barcelone, via Laietana. 

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