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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 08:35

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Il fallut environ vingt-quatre heures au couple Mackintosh pour aller de Londres à Perpignan, d'abord en bateau, puis en train de nuit, avant de contempler le lever du soleil sur l'étang de Salses et de Leucate, où s'étaient rassemblés des milliers de flamants roses, un spectacle en pretty colors entre mer et montagne. Lui, Charles Rennie Mackintosh (1868-1928), architecte renommé, rapidement vilipendé, au point de connaître les affres de l'oubli, avec des carnets de commandes qui ne se rempliraient plus ; elle, Margaret MacDonald (1864-1933), qui avait connu son futur mari à la Glasgow School of Art où elle apprenait le dessin. Il était dépressif, elle était asthmatique, et c'est sur les conseils d'un compatriote, peintre marié à une danseuse, qu'ils décidèrent de faire une cure de jouvence et de bienfaits dans le sud de la France, pour reprendre des couleurs et en appliquer sur des toiles afin de ne rien perdre de leur voyage. C'était en 1923 et le séjour allait durer quatre ans, en commençant par des soins à Amélie-les-Bains, accompagnés de promenades dans la campagne environnante et de repos.

Amélie-les-Bains, à une altitude de 374 mètres, est une station thermale sur la rive droite du Tech, à dix kilomètres de Céret. Ses eaux sont abondantes et soignent les affections catarrhales des voies respiratoires. L'origine de la station remonte à l'époque romaine. Plus tard, Charlemagne cède les bains aux religieux de l'abbaye d'Arles-sur-Tech et l'endroit prend le nom de Bains-d'Arles. Au début du 19ème siècle, Les Bains-d'Arles conservaient encore leurs installations romaines. A partir de 1833, le général de Castellane dirige la 21ème division militaire de Perpignan, forte de quatorze bataillons, huit escadrons, deux batteries d'artillerie et d'une Compagnie du Génie. C'est en inspectant ses troupes sur la frontière espagnole, qu'il découvre enchanté le site des Bains-d'Arles. Il souhaite développer la station. En 1838, il se rend au chevet de nombreux militaires blessés en Algérie, qui se plaignent de leurs mauvaises conditions de traitement dans l'établissement où ils se trouvent. Il souhaite obtenir des crédits pour la construction d'un nouvel hôpital. Mais comment ? Il a sa petite idée. En intéressant directement le roi Louis-Philippe et son épouse, la reine Amélie, à cette station du Vallespir, le général espère faciliter la création de cet hôpital militaire en empruntant le nom de la reine qui serait donné à la commune. Le 7 avril 1840, la commune prend le nom d'Amélie-les-Bains. L'année suivante, une commission d'enquête est créée pour étudier l'implantation d'un hôpital thermal militaire de cinq cents lits. L'élan thermal est donné. La construction du nouvel hôpital sse déroule à un rythme accéléré. L'Etat y consacre un million cinq cent mille francs. mais il faut aussi attirer une nouvelle clientèle et améliorer les installations. Attirer la clientèle suppose une politique promotionnelle suivie. Il faut distraire les curistes mais avant tout leur offrir des installations en accord avec les moeurs nouvelles.

En 1841, le docteur Pujade introduit des innovations dans l'établisssement qu'il ouvre à Amélie-les-Bains avec cinquante-quatre types de douches et de salle d'inhalation. Le docteur Pujade, ancien médecin des armées impériales et ancien médecin-inspecteur des Bains-d'Arles, semble avoir été le premier à accueillir les malades l'hiver dans son établissement d'Amélie. L'ouverture des stations climatiques pendant l'hiver est la grande innovation du thermalisme roussillonnais au 19ème siècle. Mais l'efficacité du traitement thermal ne suffit pas. La bonne société doit aussi trouver, outre un certain confort, des distractions pendant la cure. Les baigneurs finissent par fréquenter les stations autant pour se divertir que pour se soigner. Les promenades et les excursions sont une des distractions de leurs séjours. Les guides des stations recommandent les sites à visiter. Une partie de la clientèle qui est surtout britannique, passe ainsi de la cure médicale au tourisme.

A deux kilomètres d'Amélie-les-Bains, se trouve le village médiéval de Palalda où Charles Quint s'est rendu en 1538, et qui, maintenant fait partie intégrante de la commune d'Amélie-les-Bains-Palalda. Charles Rennie Mackintosh relate sa visite de l'église de Palalda dont les retables représentent la vie de Saint-Martin. L'aquarelle qui date de 1924 (Scottish National Gallery of Modern Art) montre un village qui n'a pas changé depuis avec ses rues qui montent abruptement vers le château ruiné et qui entourent une petite place avec l'église et la mairie. Mackintosh et son épouse, qui ont pris pension dans un hôtel dde la station thermale, visitent Collioure et Ille-sur-Tet (voir notre article du 21 mars 2011).

 

A suivre...

 

 

Photo, Palalda, un quartier de la station thermale d'Amélie-les-Bains-Palalda (Pyrénées-Orientales).  

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