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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 09:15

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Port-Vendres est un port de pêche et de commerce à deux pas de Collioure, dont il a fait partie intégrante avant d'en être détaché en 1823. Son nom viendrait de Portus Veneris (Port de Vénus), et il a été une ville romaine, où un temple à la gloire de la déesse de l'amour et de la fécondité aurait été élevé. Les fonds marins environnants regorgent d'amphores et de monnaies, quelquefois exposées à la curiosité des amateurs d'histoire ancienne. Puis l'histoire du port  s'est confondue avec celle de l'Espagne. "On sait seulement, écrit Henry Aragon dans un ouvrage paru en 1928, que les princes espagnols firent toujours grand cas de son port, dans lequel les galères royales trouvaient un bon abri." Mais, au 17ème siècle, le port s'envase, est laissé à l'abandon, et les souhaits de Sébastien le Preste de Vauban (1633-1707), maréchal de France, de fortifier ce point extrême de la frontière, vingt ans après l'annexion du Roussillon à la France par le traité des Pyrénées de 1659, n'y changeront rien. Collioure est alors le port le plus important de la côte. Seul le fanal, dont certaines parties existent encore, sera construit. Il faudra attendre les débuts du règne de Louis XVI et l'arrivée du comte de Mailly (1707-1794), superviseur envoyé par Paris pour remettre en état les infrastructures de Perpignan et de ses environs, pour qu'on s'intéresse de nouveau à ce port et qu'on lui redonne vie et l'importance qu'il mérite. Mailly reprend à son compte les idées de Vauban et obtient quinze années d'exception de tout impôt pour ceux qui voudraient bâtir à Port-Vendres. Cependant, sauf quelques constructions indispensables (caserne, batteries, magasins) et un obélisque de marbre élevé en l'honneur du roi en 1780, la ville nouvelle dessinée par Mailly ne verra pas le jour ; la Révolution et ses conséquences paralyseront tous les travaux en cours. De plus, la guerre ne tardera pas à éclater sur la frontière des Pyrénées. Port-Vendres et Collioure, d'abord livrés aux Espagnols, seront repris en 1794 par le général Dugommier (*) à la suite de la capitulation de Saint-Elme (fort qui domine Port-Vendres et qui a été construit sous Charles Quint). Sous l'Empire et sous la Restauration, on se s'occupa guère de ces deux ports. Mais en 1830, l'expédition militaire contre Alger fait de Port-Vendres un port de première importance. Laissons Henry Aragon nous en parler : "A partir de 1836, on effectuait les premiers travaux de restauration et d'agrandissement et le port allait devenir un des ports les plus sûrs et les mieux abrités de la Méditerranée. Le général de Castellane (voir notre article du 13 juillet 2011) s'était efforcé de creuser le port de Port-Vendres. De même que le général de Castellane, Arago s'était constamment occupé de Port-Vendres malgré les antagonismes entre lui et le préfet.

Par suite des troubles qui avaient lieu en Espagne au mois de mai 1843 (voir notre article du 3 mai 2011), beaucoup de réfugiés arrivaient à Port-Vendres. Le maire de Port-Vendres avait empêché le général Villalonga de débarquer, parce qu'il n'avait pas de passeport pour la France. Le général de Castallane de son côté avait recommandé au commandant de la place de Port-Vendres la plus grande politesse vis-à-vis des réfugiés. De Castellane désirait accueillir les réfugiés de toutes les opinions et invitait à dîner tous ceux de marque quels qu'ils soient. Depuis dix ans que le général commandait sur cette frontière il avait toujours agi ainsi. Il avait l'aval du maréchal Soult, mais pas du gouvenement français. La situation vis-à-vis de l'Espagne était assez délicate. Du reste le grand système de Guizot et de Duchâtel à ce moment, consistait à ne pas donner d'ordres pour laisser à leurs agents toute la responsabilité et pouvoir au besoin les désavouer. Le préfet des Pyrénées-Orientales était toujours à dessein laissé sans instructions pour tout ce qui concernait l'Espagne. Pendant la situation délicate dans laquelle on s'était trouvé depuis trois ans sur cette frontière, on accusait rarement réception au préfet de ses rapports. C'est ainsi que le préfet avait appris par le général lui-même que la reine Christine devait passer à Perpignan et que les honneurs royaux devaient lui être rendus. Le général le fit avec un tact digne de tous les éloges." (1)  

 

 

(1) Extraits de "La Côte Vermeille" d'Henry Aragon (1928)

 

(*) Jacques François Coquille dit Dugommier est né à Basse-Terre (Guadeloupe) en 1738. Rallié avec enthousiasme à la Révolution, il fut nommé général de brigade et partit à la tête des armées des Pyrénées-Orientales contre les Espagnols. Il fut tué en combattant près de Figueres en 1794.

 

Photo, le monument aux morts de Port-Vendres par Aristide maillol.             

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