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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 11:33

 

numérisation0001-copie-1Hier après-midi, M. Yves Cappellen a donné au Palais des Congrès de Perpignan une conférence sur Chateaubriand intitulée "Le vrai visage de Chateaubriand". Toujours passionné et passionnant, M. Cappellen, qui parle de la vie des grands hommes comme si ils étaient vivants, a dit en introduction que Chateaubriand était certainement son auteur préféré et qu'il a maintes fois visité le château de Combourg et la maison de l'auteur des Mémoires d'Outre-Tombe à Châtenay Malabry et ce toujours avec le même plaisir et qu'il en rapporte à chaque fois de nouvelles découvertes qu'il fait partager à son public attentif.

 

 

 

 

François René de Chateaubriand est né le 4 septembre 1768 à Saint-Malo. Après une enfance taciturne dans l'austère château de Combourg que son père avait acheté à une quarantaine de kilomètres de la cité malouine, il décide de s'embarquer pour l'Amérique où il reste neuf mois. Après une traversée de six semaines, il débarque aux Etats-Unis en 1791 où, comme il l'a dit dans ses Mémoires : "Ce fut une esclave qui me reçut sur la terre de la Liberté!". En effet, les premiers êtres humains rencontrés en Amérique sont des esclaves. La Fayette avait fait la même expérience quelques années plus tôt. Chateaubriand est impressionné par les chutes du Niagara. Puis il va dans le Sud à la rencontre des tribus indiennes et il décrit son voyage dans deux de ses ouvrages, "Atala" et "René". 

"Les deux rives du Meschacebé ( Mississippi ) présentent le tableau le plus extraordinaire" écrit-il dans "Atala". "Sur le bord occidental, des savanes se déroulent à perte de vue; leurs flots de verdure, en s'éloignant, semblent monter dans l'azur du ciel où ils s'évanouissent. On voit dans ces prairies sans bornes errer à l'aventure des troupeaux de trois ou quatre mille buffles sauvages. Quelquefois un bison chargé d'années, fendant les flots à la nage, se vient coucher, parmi les hautes herbes, dans une île du Meschacebé. A son front orné de deux croissants, à sa barbe antique et limoneuse, vous le prendriez pour le dieu du fleuve, qui jette un oeil satisfait sur la grandeur de ses ondes et la sauvage abondance de ses rives."

Durant son voyage en Amérique, il aurait rencontré George Washington à Philadelphie alors capitale des Etats-Unis mais aucun document ne l'atteste formellement.

En 1792, il rentre en France où à son grand dam, sa mère et ses soeurs veulent le marier à une jeune fille capable de lui apporter une dot égale à 500 ou 600 mille Livres. Il s'avèrera que celle-ci était en réalité d'un montant bien inférieur. Chateaubriand fait un mariage d'argent et vit peu avec son épouse. Après avoir blessé au combat, il s'embarque pour Jersey puis pour l'Angleterre où il mènera durant huit longues années une existence misérable. Sa mère et ses soeurs sont arrêtées et emprisonnées sous la Terreur. A son retour, il passe par la Bretagne mais c'est à Paris qu'il s'installe et y rencontre Mme de Stael, Juliette Récamier et Pauline de Beaumont avec qui il vit près de la capitale. C'est alors qu'il écrit "Le Génie du Christianisme" en 1802 et les deux ouvrages cités plus haut sur son voyage américain. Il est nommé ambassadeur à Rome puis en Suisse mais refuse le poste après l'exécution de Louis Antoine Henri de Bourbon-Condé, duc d'Enghien ( 1772-1804 ) . Il s'installe alors à Châtenay Malabry où dans le parc il plante des essences qui proviennent des Amériques, dont un catalpa, arbre couvert de larges feuilles en forme de coeur, d'un beau vert et dont le diamètre peut atteindre vingt centimètres. Après la chute du Ier Empire, il accepte les postes d'ambassadeur et de ministres des Affaires étrangères. Il entre à l'Académie française en 1811 au fauteuil de Marie-Joseph Chénier. Il meurt en 1848.

"Indiens infortunés que j'ai vus errer dans les déserts du Nouveau-Monde avec les cendres de vos aieux, vous qui m'aviez donné l'hospitalité malgré votre misère, je ne pourrais vous la rendre aujourd'hui, car j'erre, ainsi que vous, à la merci des hommes; et moins heureux dans mon exil, je n'ai point emporté les os de mes pères."          

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