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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 09:14

006-copie-7.JPGNe rien posséder, mendier son pain quotidien, prêcher, tel fut l'idéal des dominicains. Cet ordre fut fondé par Dominique de Guzman (1170-1221), Espagnol originaire de la Vieille-Castille, après un voyage dans le sud de la France au cours duquel il fut frappé par l'importance de l'hérésie cathare. Il comprit que les meilleurs arguments ne servaient à rien et qu'on ne pouvait combattre qu'avec ses propores armes ; la création de l'Ordre des Frères prêcheurs procède d'un désir de combat. Le succès de cet ordre mendiant fut rapide car il se mêlait aux populations urbaines qui aimaient ces moines humblement vêtus, vivant d'aumônes, et qui assistaient les pauvres et les malades au lieu de rester cloîtrer derrière les murs de leurs couvents. Saint Dominique fut à l'origine d'une grande tradition intellectuelle, et les dominicains fournirent au 13ème siècle Albert le Grand (1193-1280), principal penseur du Moyen Age mais aussi physicien et chimiste, et saint Thomas d'Aquin (1225-1274) considéré comme l'un des plus grands théologiens de la chrétienté.

Les dominicains fondèrent un monastère à Collioure en 1290. L'église encore visible de nos jours, date dans son ensemble de la première moitié du 14ème siècle. Axée nord-sud, elle a une nef unique - de 32 mètres de longueur et 14,50 mètres de largeur -, avec des chapelles latérales entre contreforts, suivant un modèle très fréquent dans l'architecture des ordres mendiants. Couverte d'une charpente, la nef fut voûtée aux environs du 15ème siècle. Sur la façade s'ouvrait le portail principal vers le nord, vers la ville. Un cloître s'élevait à l'ouest de l'église. Dès la fin du 18ème siècle, les bâtiments passèrent dans les mains de particuliers qui procédèrent à de radicales transformations et destructions en fonction de leurs besoins. Au début du 20ème siècle, il ne restait du cloître que sa galerie orientale dont les arcades avaient été murées afin d'aménager un atelier de salaison. Bien que classées au titre des Monuments historiques en 1928, les arcades restantes du cloître furent vendues en deux lots, un lot de six chapiteaux qui partit pour les Etats-Unis, un autre lot comptant onze doubles colonnettes acquis par un Anglais qui avait une propriété à Anglet (Basses-Pyrénées). Le Conseil général des Pyrénées-Orientales a pu, au début des années nonante, racheté quatre des six chapiteaux dans une salle des ventes à New York, et la municipalité de Collioure a récupéré une partie des colonnes.  Le cloître a donc pu être en partie remonté dans le jardin du musée d'Art moderne Peské qui se trouve en face de l'église décrite ci-dessus, église qui appartient depuis 1926 à une société coopérative de vinification. Du couvent des dominicains de Collioure, seuls sont visibles aujourd'hui, l'église, amputée de son chevet, et quelques vestiges du cloître.

 

Cet article a été réalisé grâce à la lecture de deux ouvrages : "L'Eglise médiévale, les croisades, l'Asie mongole", tome 6 de la collection "Histoire universelle illustrée" parue chez Hachette en 1968, et "Un Palais dans la ville" au chapitre consacré au couvent des dominicains de Collioure par Géraldine Mallet (colloque au Palais des Rois de Majorque des 20, 21 et 22 mai 2011).  

 

 

Photo, l'église du couvent des dominicains de Collioure telle qu'on peut la voir aujourd'hui.        

 

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Published by louisiane.catalogne.over-blog.com
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