Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 09:16

-19-photos philippe route du blues[1] 

France-Louisiane/Franco-Américanie est une association régie par la loi de 1901, qui a son siège à Paris, 17 avenue Reille, dans le 14ème arrondissement, à deux pas du parc Montsouris, à plus de 6 000 kilomètres des Etats-Unis, mais dont le coeur est proche des Acadiens ou Cajuns, dont elle défend le patrimoine historique et linguistique. Indépendante, sans but lucratif, l'association s'interdit toute prise de position politique ou confessionnelle. Elle a été déclarée d'utilité publique par décret du 2 décembre 1987. 

 

Le 14 mars 1977, il y a trente-cinq ans jour pour jour, naissait l'association France-Louisiane afin de perpétuer l'esprit de l'opération "Louisiane Bien-Aimée" qui avait eu lieu un an auparavant sur Radio France et à laquelle avait participé James Domengeaux que Jacqueline Baudrier, PDG de Radio France, Michel Tauriac, son conseiller, et José Artur pressaient de questions sur le passé et le devenir de la langue française en Louisiane. Constatant que la langue et l'héritage français de Louisiane étaient menacés de disparition, James Domengeaux, avocat, sénateur et défenseur acharné de la langue de ses ancêtres cadiens, avait fait voter en 1968 une loi qui créait le Conseil pour le Développement du français en Louisiane (CODOFIL) dont le siège se trouve à Lafayette. Le CODOFIL à lui seul ne pouvait oeuvrer pour la renaissance de la langue française ; il lui fallait une aide extérieure. D'où ses voyages au Québec, en Belgique, en France pour recruter des professeurs qui enseigneront aux enfants la langue de leurs ascendants. Cette langue qui a disparu des écoles et même des foyers au cours de la première moitié du 20ème siècle. Jeanne Castille (1910-1994), institutrice à Breaux Bridge (Louisiane), que les Cajuns appellent Pont-Breaux, a écrit dans sa biographie Moi, Jeanne Castille, de Louisiane : "C'est vers 1935 ou 1936 que j'ai pris conscience que nous perdions le français, mais ce n'est qu'en 1940 que j'ai commencé, pour le sauver, une vie militante, que j'évoquerai plus tard. En 1932, les enfants le parlaient encore bien. Mes élèves à Saint-Martinville, avaient entre quinze et dix-sept ans. Dès la première semaine de la rentrée scolaire, je me faisais une idée de leur connaissance de la langue en leur lisant des contes et j'ai remarqué, à cette époque, qu'ils la comprenaient bien. (...) En 1935 et 1936, soit trois ou quatre ans plus tard, j'ai découvert qu'ils ne me suivaient plus et j'ai compris, moi, que la langue de mon peuple était fichue dans les lycées si on ne l'apprenait pas aux enfants dans les classes élémentaires." (1) Ce peuple dont parle Jeanne Castille, composé principalement de descendants de Normands, de Poitevins qui sont arrivés dans ce sud des Etats-Unis après qu'ils eussent été chassés par les Anglais de leurs terres d'Acadie (actuelle province canadienne du Nouveau Brunswick) en 1755, mais aussi descendants de planteurs venus pour la plupart de Saint-Domingue après l'indépendance d'Haïti en 1804, d'esclaves venus d'Afrique via les Antilles, d'Indiens dont les nombreuses tribus occupaient le territoire avant l'arrivée de Robert Cavelier de la Salle en 1682. "Le moins que l'on puisse dire de la Louisiane, a écrit Alain Decaux, c'est que, si la langue française y a toujours droit de cité, c'est du fait d'une minorité. Certes, plus d'un million d'habitants - créoles, cajuns, noirs venus des Antilles - appartiennent à des familles ayant des liens historiques avec la France. Sur ceux-ci, 20 à 30 % seulement peuvent être considérés comme francophones. Encore n'usent-ils, pour la plupart, que d'un français marqué d'une syntaxe très personnelle, sans aucune connaissance écrite de la langue." (2)

Mais dès 1986, le Conseil d'administration de France-Louisiane - défense et développement de la francophonie américaine - comprend qu'il devra étendre son action à d'autres communautés francophones des Etats-Unis et ne devra plus se cantonner à la Louisiane. "Très vite, écrit Jean Moisson, responsable de la Commission des Franco-Américains de l'association, il est apparu que cette très importante communauté francophone, concentrée surtout dans les Etats de Nouvelle-Angleterre, mais comptant également de nombreux membres dans d'autres Etats, bien que très intéressée par les liens que France-Louisiane souhaitait tisser avec elle, ne se reconnaissait pas dans le nom de France-Louisiane conservé à notre association malgré la décision d'extension de ses activités à l'ensemble de la francophonie américaine." (3) En 1990, France-Louisiane devient France-Louisiane/Franco-Américanie. En décembre 1990, l'association organisait à Paris les Assises de la francophonie américiane, réunion de nombreuses personnalités venues de vingt Etats américains et de spécialistes français des questions francophones aux Etats-Unis.

 

L'association FL/FA dont le président est M. Claude Teboul, a 1 500 adhérents dans toute la France. Elle propose des conférences sur des sujets variés concernant les Etats-Unis, son histoire, son héritage francophone, des voyages en Louisiane et en Nouvelle-Angleterre ainsi que des circuits à travers des villes de France ayant un lien avec l'histoire de l'Amérique francophone. Elle a dix délégations régionales.

Pour contacter cette association :

www.flfa.fr

Téléphone : 01 45 88 02 10

 

Les prochains articles de ce blog développeront l'action de cette association et l'histoire francophone des Etats-Unis.

 

 

(1) Moi, Jeanne Castille, de Louisiane par Jeanne Castille (Lunot-Ascot éditeurs, 1983)

(2) Le Tapis rouge par Alain Decaux de l'Académie française (Librairie Académique Perrin, 1992) 

(3) Extrait de la lettre (datée du 21 septembre 1988) de Jean Moisson, responsable de la Commission des Franco-Américains aux membres du Conseil d'administration de France-Louisiane en vue du changement de titre de l'association.          

Partager cet article

Repost 0
Published by louisiane.catalogne.over-blog.com
commenter cet article

commentaires