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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 23:04

 

 

Hier et aujourd'hui, se déroulait la 8ème édition de 'Balade en terre d'artistes" dans les Pyrénées-Orientales. Les artistes, peintres, sculpteurs, céramistes, potiers, photographes... ouvraient les portes de leurs ateliers et de leurs demeures personnelles à tous les amateurs d'art et de rencontres, dans tout le département. Le temps manquant pour rendre visite à tous les artistes, je suis resté à Perpignan où j'ai visité neuf ateliers en deux jours (ce n'était pour moi ni un semi-marathon - il aura lieu dimanche prochain -, ni un tableau de chasse ) et j'ai eu de bonnes surprises. Derrière des façades banales, sans style particulier, j'ai découvert des intérieurs insoupçonnés, des jardins luxuriants, des ateliers dans des endroits inattendus, des artistes accueillants et des visiteurs à qui parler. J'ai d'abord visité trois ateliers proches de chez moi, voulant mieux connaître le quartier où je réside depuis quelques semaines, dont deux avenue Marcelin Albert (Perpignan), longue artère que je longeais souvent vers une heure du matin, avec ma valise après être descendu du Tgv qui m'amenait de Paris. Depuis hier, je regarde d'un oeil different cette avenue que je trouvais sans caractère. La maison et l'atelier de Maria Lluis, artiste-peintre qui a eu un long parcours chez Firmin Bauby - plus qu'un mécène, un esthète, me dit-elle - à San Vicens, en tant que céramiste dans les années 60 et 70, et qui a acheté cette maison il y a environ dix ans avec à l'arrière un beau jardin fleuri, iris, coquelicots qu'elle peint, violets, jaunes, rouges, ainsi que des grenades, des figues, fruits de cette région où elle n'a cessé de vivre. En face, de sa maison, un bâtiment qui ressemble à un garage avec une miroiterie en bas, un ancien hôpital de jour à l'étage, où PARI, pseudonyme de Richard Paloméras, un homme de coeur, accueillant, chaleureux, qui fait des collages sur des supports en forme de coeur,  a son atelier là depuis six ans. Il montre les tableaux encadrés, vitrés, rectangulaires ou carrés qu'ils faisaient quand il s'appelait encore Parice, mais devenu PARI, il fait des collages 'vivants' sur des thèmes divers en fonction de ce qu'il trouve dans les magazines qu'il feuillette et qui l'inspirent. Un travail minutieux et précis, et comme le dit le troisième artiste à qui j'ai rendu visite, Emile Llanas (galerie 'La Tête de l'Art'), on voit PARI sur la plage à Collioure et il découpe sans arrêt pour illustrer ses prochains coeurs. Emile Llanas lui, peint souvent à l'acrylique, mais pas seulement, des paysages, des corps, des dos, des nus... Sa galerie est aussi un lieu où l'on peut trouver des meubles 1930 qu'il repeint en blanc pour leur donner une nouvelle vie.

PARI m'avait conseillé d'aller chez une artiste d'origine australienne, Lou Fiszleiber, Lou pour les intimes, dans le quartier du mi-Vernet. Ce matin, je pars donc vers l'adresse indiquée et je sonne à la porte d'une maison assez grande qui va me réserver de bonnes surprises. Elle a des pièces confortables, des chambres délicieusement décorées avec terrasse donnant sur la piscine et un jardin avec un pin et un citronnier, et partout, dans des pièces claires, des tableaux rectangulaires et circulaires, des paysages, des ciels australiens de toutes les couleurs et des lézards, des serpents stylisés grâce à des clous de toutes les tailles de toutes les formes, rouillés ou chromés. L'inspiration vient à Lou du bush où elle est née et même si elle a quitté l'Australie il y a cinquante ans, l'Australie ne l'a jamais quittée. Lou aime à dire qu'elle fait du 'Nail art', scènes du désert australien faites avec des clous et inspirées par l'art aborigène. Deux heures plus tard, je quitte cet univers pas commun pour me diriger deux rues plus loin, chez Augusta, qui sculpte - bronze et  terre cuite -, des corps de femmes et d'hommes, des danseuses, tout un monde vivant qui nous transporte et qu'anime cette femme sculpteur dans un petit appartement au premier étage d'une maison, jusque dans la cuisine. Au cours de la conversation, elle regrette de n'avoir que peu de visites, que les gens, depuis quelques années, ne semblent plus s'intéresser à l'art, et que certains s'étonnent d'entrer dans un atelier personnel et privé et  pas dans un musée ! Pourtant, il est tellement plus agréable et passionnant de voir des oeuvres dans l'intimité de l'artiste et de pouvoir parler avec lui de son travail, ce qui n'est pas le cas dans la plupart des galeries où ceux qui les tiennent n'y connaissent souvent rien dans le domaine artistique et ne sont là que pour vendre. Après Augusta que je remercie pour son accueil, je me dirige vers la maison-atelier de Jean-Pierre Dulucq, rue Grande-la-Réal. L'artiste discute sur le trottoir avec des voisins. 'Pour qui venez-vous , me dit-il ?' Les noms se bousculent dans ma tête ; il me souffle : Antoine Rodriguez ? Je réponds que non, que je viens voir Dulucq, et après cette plaisanterie, il me fait monter deux étages par un escalier étroit dans un immeuble aux pièces biscornues, jusqu'à son atelier où il a préparé ses couleurs chaudes et froides sur deux palettes différentes; il ne peint qu'à l'huile, des scènes de plage, des baigneuses à la façon de François Desnoyer (c'est un avis personnel). Il a exposé dernièrement au Palais des Rois de Majorque et m'invite déjà à l'exposition qu'il fera à Fitou au mois de juin. Quelques personnes sont là, qui visitent comme moi, curieuses dans le bon sens du terme, et il nous montre la chambre de sa fille, pianiste - je me demande comment les livreurs ont pu amener le 1/4 de queue jusqu'à ce premier étage exigu - qui donne un concert en fin d'après-midi au Boulou. Il nous invite à participer aux cours qu'il donne tous les jeudis dans une salle municipale du Haut-Vernet, avenue de l'Aérodrome. Puis je pars pour un nouvel univers, celui de Françoise Fillon, née à Paris mais qui n'y retournerait pour rien au monde. Son atelier se trouve rue des Farines, dans le quartier Saint-Jacques, dans un immeuble de quatre étages, la salle d'exposition est au deuxième ; des tableaux aux couleurs chaudes, des éléments déchaînés, encore un style différent. Elle me dit que le quartier regorge d'ateliers d'artistes, mais que tous n'ont pas voulu ouvrir leurs portes. Passage par la rue de la Révolution française où de nombreuses galeries sont ouvertes pour ces journées, dont une où je retrouve de vieux amis, puis une longue marche jusqu'à Saint-Assiscle - il est déjà 18 heures 30 - et après avoir cherché la rue Becquerel sur un plan, je suis accueilli par le mari de Renée Bouigue, femme sculpteur, qui a donné rendez-vous à tous ses voisins pour un buffet catalan apprécié de tous. Le mari, dont la mère est originaire de Valenciennes, la ville de Watteau, a vécu à Toulouse puis à Béziers avant de s'installer à Perpignan, où il a mené une vie de bohème avec Valiente et Balbino Giner. Les jours sont longs en ce beau mois de mai, mais il est temps pour moi de rentrer, le chemin à pied est long jusqu'à l'université, mais je marche l'esprit rempli d'images et de couleurs, surtout de la gentillesse de tous ces artistes qui m'ont accueilli si gentiment et humblement. Je les en remercie infiniment et j'ai passé un bon dimanche... cela vous étonne ?               

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commentaires

Clics de Vie 12/06/2011 16:51


De ce pas, je note et je vais tacher d'aller rencontrer les uns ou les autres.
Merci de ce compte-rendu et de tes billets que je découvre.
Belle journée
Clics de Vie


louisiane.catalogne.over-blog.com 13/06/2011 09:46



Merci pour ce commentaire et si vous habitez à Perpignan ou dans les environs n'hésitez pas à aller à la rencontre de ces artistes ; vous passerez un bon moment. Samedi prochain le 18, rue de la
Révolution française, les artistes exposeront dans la rue et certains ouvriront les portes de leurs ateliers au public.