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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 11:57

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Hier soir, j'étais invité, comme une centaine de personnes, à l'inauguration des "Vierges à l'Enfant restaurées des Pyrénées-Orientales" à la chapelle Notre-Dame des Anges de Perpignan. La présidente du Conseil général n'ayant pu être présente pour des raisons indépendantes de sa volonté, c'est M. Marcel Mateu, président de la commission Patrimoine et Catalanité qui la représentait, et au début de son allocution qui avait pour objet ce que nous venions de voir à l'intérieur de la dite chapelle, il a rendu un vibrant hommage à Jordi Pere Cerda, poète catalan disparu à la fin de la semaine dernière à l'âge de nonante-et-un ans, qui se partageait entre son domicile du quartier Saint-Mathieu à Perpignan et Saillagouse qu'il affectionnait particulièrement, et que j'avais vu lors d'un petit déjeuner littéraire à la médiathèque de Perpignan, le 26 mars dernier, lorsque Jean-Claude Morera avait présenté aux Perpignanais son anthologie intitulée "Huit siècles de poésie catalane" qu'il venait de faire paraître chez L'Harmattan. Jordi Pere Cerda avait eu la gentillesse de venir et de s'asseoir discrètement pour écouter cette poésie catalane qui a été son unique raison de vivre. La nouvelle de son décès, si elle suscite un certain émoi dans les Pyrénées-Orientales, n'a pas fait la une des journaux nationaux, car ailleurs, il semble que ce poète soit (presque) totalement inconnu. Quoique...! L'année dernière, lors de journées littéraires qui se sont déroulées sur la place Saint-Sulpice (Paris 6ème), où la langue catalane était à l'honneur, Alex Susanna avait lu de larges extraits en catalan et en français de "Oiseaux" de Jordi Pere Cerda.

Né en 1920 en Cerdagne, ses poèmes ont longtemps paru dans l'hebdomadaire "Le travailleur catalan". Dans la préface de son ouvrage, Jean-Claude Morera disait que : "J'ai tenu à sa présence dans cette anthologie car nul mieux que lui, aujourd'hui Prix d'honneur des lettres catalanes, n'incarne la poésie catalane dans l'espace français."  Et c'est le poème "Vacance" que l'auteur a retenu et que nous reproduisons ce-dessous :

 

 

Vacança ('Vacance', traduction de J.-C. Morera)

 

 

Tinc al cor un poble                                  J'ai au coeur un village

fet de llosa dura,                                       fait de lauses dures.

una cara lenta,                                          Lent visage,

el sol hi camina                                        le soleil y chemine

un dia que va                                             tout un jour qui va

d'una absència a l'altra.                          d'une absence à l'autre.

 

No ve mai cap nit                                     Jamais aucune nuit

a obturar la imatge                                  ne vient cacher l'image

d'aquells arbres alts,                              de ces arbres hauts

desplegant les veles                               qui leurs voiles déploient

al vent desls viatges                               dans le vent des voyages

sobre mars desertes.                            sur des mers désertes.

 

Una vida oferta.                                        Une vie offerte.

Mil nàufrags callats.                                Mille naufrages tus.

El cor sense llum                                    Le coeur sans lumière 

pujat a la torre.                                         est monté à la tour.

Candela apagada                                   La chandelle est éteinte

als capçals dels llits.                             à la tête des lits. 

 

Un llit llençolat                                        Un lit est drapé

de jorns sense memoria,                    de journées sans mémoire,

a mida d'un cos                                      à la mesure d'un corps

promès a la terra                                    promis à la terre

amb la flor del llavi,                                avec la fleur des lèvres,

amb la grana estesa.                            avec la graine éparse.

 

Qui sap si és el pas.                            Qui sait, si c'est le passage.

la vida agonitza                                      La vie agonise

en lloc indecis                                        en un lieu indécis

entre alba i capvespre.                         entre aube et crépuscule.

Una cara lenta,                                      Lent visage,

el sol hi camina.                                    le soleil y chemine.

 

Nostres ulls àvids                                Et nos yeux avides

no en coneixen l'hora.                          n'en connaissent pas l'heure.

 

 

Jordi Pere Cerda (1920 - 2011) 

    

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commentaires

cornillon 25/05/2013 15:51

je cherche le nom du trés beau poème que jordi pere cerda à écrit sur les arbres qu ils décrit en les personnifiants n tous différents merci