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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 11:50

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"Quand la nuit est maudite et glacée, je me tiens tranquille au coin du feu, et si d'aventure la maison est bien pourvue, je vais à l'entresol détacher des raisins secs." (1)

 

La ville d'Ille-sur-Têt, où naquit en 1886 Josep Sebatià Pons, commémore l'oeuvre du poète par des promenades à travers les rues étroites blotties dans l'enceinte d'anciennes fortifications dont il reste encore certaines parties, ainsi que des portes dont celle du Parayre. Pons aimait la nature qui, comme il le dit, "montrait assez de pureté pour qu'on s'abandonnât à elle" (2), les animaux, les arbres, les fleurs et, dans ses poèmes et ses romans, il nous fait découvrir les paysages de sa terre au rythme des quatre saisons. "Mon père avait la passion des plantes. Elle ne fut jamais plus vive que durant les premières années où il ouvrit cabinet sur la route nationale (*), et quoique sa clientèle fût dès lors très étendue, je pense que personne n'eut à s'en plaindre. Il n'est pas de passion plus vertueuse, sauf peut-être, celle des fossiles. Deux ou trois fois l'an, le professeur Flahaut de Montpellier, venait l'encourager dans ses recherches, et il le recevait avec déférence.

Mon père s'occupait de botanique analytique. Il publiait chaque année un léger fascicule, son Herbarium Rosarum, patronné par l'autorité de M. Crépin, professeur de botanique au Jardin Royal de Bruxelles." (3) 

 

Hiver : "Un matin d'hiver, au petit jour, Honorat et Michel se retrouvèrent sur leur sommet. Honorat serrait dans ses bras les plants de blanquette qu'il tenait de François Lavail. C'était merveille de penser que ces tiges flexueuses et sèches gardaient le secret de la vie. L'agriculteur lui avait indiqué la semaine propice à la plantation, avant les pluies qui pénétreraient le sol et formeraient une gaine compacte de terre autour des tiges." (2)

 

Printemps : "Les aloès détachaient leurs longues feuilles d'un bleu limpide, l'Aspre se livrait aux souffles du printemps et les peupliers remontaient jusqu'à la naissance des failles comme une eau verte.

L'avoine et le blé isolaient leurs toiles sur ces croupes brunes et qui formaient un cercle parfait. Mais le cerisier de Saint-Georges avait donné son fruit dans le torrent de Paris. Et déjà le merle se roulait après l'aube, les ailes éployés, sur la fraîcheur du sol." (2)

 

Eté : "Les soirs d'été, on se rassemblait au haut de la rue, où passait un brin de fraîcheur, et on écoutait les histoires de Simon. Elles menaient de l'amphithéâtre à la salle de dissection. Elles créaient une fantasmagorie nouvelle dans la nuit du village. Mais la voix fêlée de l'horloge tombait du vieux clocher pour conseiller le repos, et on rentrait les chaises." (3)

 

Automne : "Il est des années où les simulacres de l'hiver humilient le soleil dès la mi-septembre. Le brouillard ronge les pentes. Les cougoumelles naissent dans les sentiers. Le gland de leur tige s'éploie en une toiture de taches de rousseur. Les mousserons s'éveillent, gonflés d'eau autour des sources rappelées à la vie. Ces premiers enfants de l'automne sollicitent l'apparition des cèpes, l'abondance de leurs têtes brunes sur les versants où ils se tiennent, durs et dodus dans leur parfum. Les cèpes appellent à leur tour les oronges attachées au sol nu, prêtes à déchirer leurs volves."  (2) 

 

 

Photo, le village de Nyer (Pyrénées-Orientales) : "La descente sur Nyer fut aussi pénible. Le sentier formait des angles de roche glissante au fond des gorges ; il fallut gagner lentement la montagne pour suivre un canal déjà délivré de ses glaces, et qui débordait çà et là dans sa course." Don Joan de Serralonga, J.S. Pons.

 

 

(*) Le père de Pons était médecin, et son oncle Jules était pharmacien.

(1) Extrait de Conversation avec Georges

(2) La Vigne de l'ermite

(3) L'oiseau tranquille   

 

 

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