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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 10:16

 

 

Hier après-midi, la salle de réunion de l'Hôtel du Département (Conseil général 66, Perpignan) était comble pour écouter la conférence de Pere Verdaguer sur les jurons et les gros mots catalans. Juron ne veut pas dire nom d'oiseau, car, comme l'a fait remarquer la personne qui a présenté le conférencier, il ne s'agissait pas d'une conférence sur l'ornithologie. Pere Verdaguer, écrivain, professeur d'université, né à Banyoles (Catalogne-Sud), a, par sa faconde, régalé le public avec ses expressions expressives qui ont fait beaucoup rire, et qui même si comme moi, on parle peu ou pas catalan, étaient compréhensibles comme toutes les injures que l'on peut entendre dans nimporte quelle langue. Car le juron est universel et ancien. Pere Verdaguer, qui a commis un recueil de jurons catalans, a, en préambule, rappelé que les jurons mettaient en relation, déjà à des époques très anciennes, les hommes avec les dieux. Les mortels faisaient des demandes aux divinités par des ascrifices divers, et comme ils n'obtenaient pas satisfaction, ils n'étaient pas contents donc ils juraient, ils reniaient leurs dieux (origine du mot 'renégat' : celui qui a renié sa religion). Les jurons ont donc été les mots les plus employés depuis le début de l'histoire de l'humanité. Il y a donc deux sources différentes de jurons : la religion comme on vient de le voir, et l'agriculture, la population du monde ayant été en grande majorité rurale jusqu'à ces dernieres décennies. Les paysans qui parlaient peu chez eux mais beaucoup à l'oreille des chevaux passaient leurs journées en jurant. Quand on jure, c'est une expression verbale dont on n'attend pas de réponse. Le dictionnaire Le Robert définit le juron comme "un terme plus ou moins familier ou grossier dont on se sert pour jurer. Les jurons où les noms sacrés étaient déformés, tronqués ou remplacés, n'avaient jamais eu la même gravité. Une commode hypocrisie faisait tolérer ventrebleu ou morbleu (bleu remplaçant Dieu) comme dans parbleu..."

Pour Pere Verdaguer, il devenait urgent de recueillir les jurons catalans car avec le temps ils risquaient de disparaître. Les jurons s'usent, il faut les renouveler. De plus, il y a peu de livres sur les jurons, car ces mots (jurons, insultes, mots grossiers) font partie d'un langage tabou. Recueillir les jurons est une affaire linguistique ; il faut laisser de côté le point de vue moral. Pere Verdaguer a donc recueilli une partie des jurons catalans, une partie car, après la parution de son ouvrage, il a reçu des courriers lui indiquant qu'il en existait bien d'autres, une matière à lui faire sortir un autre recueil. Dans son livre, comme au cours de la conférence d'hier, il a cité et lu un texte du chanteur catalan Joan Pau Giné (né à Bages et décédé prématurément en 1993) qui ne comporte que des jurons et des insultes. Une façon de finir une conférence qui a plu et où on a beaucoup ri. 

 

 

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Published by louisiane.catalogne.over-blog.com
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