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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 10:58

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La gare de Perpignan, point de départ de notre voyage de 44 kms sur la nouvelle Ligne à Grande Vitesse à destination de Figueres, est le Centre du Monde depuis que Salvador Dali y a eu une vision exacte de la constitution de l'univers. Sa 'visite officielle' du mois d'août 1965, avec son arrivée en wagon à bestiaux,  lors d'un jour mémorable où, suivi de sa cour, d'une cobla et de Gala, il s'est rendu dans la propriété de Firmin Bauby, artiste et ami des arts, en a fait un lieu  à nul autre pareil et célèbre dans le monde entier. La place devant la gare a été baptisée place Salavador Dali; c'était la moindre des choses quand on sait que le Maître a immortalisé ce chef d'oeuvre de l'art industriel dans un tableau exposé à Cologne.

 

La municipalité pensait construire la gare TGV à l'extérieur de la ville, loin du centre. Mais par la suite, elle a fait le pari d'agrandir la gare actuelle et d' aménager un centre commercial, des hôtels et des bureaux, dans un complexe appelé "El Centre del Mon".

 

Le train est arrivé pour la première fois au centre ville de Perpignan en 1859; la gare était alors en bois. La première gare en dur a été construite quelques années plus tard. Très vite, un monde de la gare va naître avec l'afflux des voyageurs. Les pouvoirs publics vont devoir surveiller et contrôler les mouvements autour et dans la gare et multiplier les règlements. La gare attire publicitaires et marchands. Un bazar ouvre dans la gare de Perpignan en 1832. C'est un lieu où on trouve des objets usuels, des articles de voyage et de toilette, bref tout ce que le voyageur a oublié pour effectuer son périple. La concession de ces bazars est soumise à des règles strictes comme : "Toutes les marchandises présentées à la vente devront être de première qualité et ne jamais être vendues plus de 15% au-dessus du prix de fabrique." La cour de la gare est elle aussi soumise à une règlementation stricte : "La mendicité et toute sollicitude importune pour l'indication d'hôtels, pour le transport des bagages, pour offres de service... sont interdites dans les cours des gares et stations et en général dans toute les dépendances du chemin de fer. Ceux qui troublent l'ordre par des cris, des injures, des rixes ou par des attroupements gênant la circulation seront poursuivis conformément aux lois."   

La gare de Perpignan a vu passer des voyageurs célèbres et inconnus. Matisse et Derain y sont passés en 1905, en route pour Collioure, et dans des circonstances moins radieuses, des soldats en sont partis pour le front en 1914 puis en 1939. En 1959, André Hunebelle et son équipe arrivent à la gare de Perpignan pour tourner dans les Pyrénées-Orientales un film, avec Jean Marais et Bourvil, qui fera date dans l'histoire du cinéma : "Le Bossu". 

"La gare était celle d'une ville du Midi de moyenne importance, construite en briques roses sur lesquelles se détachait l'appareil de pierre des portes d'accès aux quais, de la salle d'attente, du buffet et des bureaux." Claude Simon, L'Acacia.

"Sous la grosse horloge, un horaire indique les correspondances pour Prades, Saint-Paul-de-Fenouillet, Argelès, Banyuls, Cerbère, Port Bou. Il porte aussi la date : 26 mai 1943." Armand Lanoux, Le Berger des Abeilles.

 

Aujourd'hui, c'est une gare d'où partent des trains pour Montpellier, Paris, Villefranche-de-Conflent, Bourg-Madame, et bientôt, ce dimanche 19 décembre 2010, pour Figueres par la voie rapide qui sera prolongée vers Barcelone en 2012. 

        

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