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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 15:33

 

 

Dans l'article sur l'histoire des Etats-Unis de 1919 à 1939, période où ce pays a connu une certaine prospérité tout au moins jusqu'à la crise de 1929, deux sujets n'ont pas été abordés, celui des émeutes raciales et celui de la Prohibition. C'est ce dernier thème qui est abordé aujourd'hui.

 

 

Tout a commencé alors que la Grande Guerre finissait. Depuis leur retour, les soldats qui ont combattu en Europe se montrent exigeants, veulent de la bière, du rhum, dont ils ont été amplement privés durant les mois difficiles.

Un peu partout dès 1918, se sont ouverts des saloons, des speakeasies, où l'on trouve tout ce que l'on peut désirer. La police se montre compréhensive et les patrons de ces boîtes sont généreux. Un véritable tourbillon entraîne de plus en plus de gens qui découvrent les plaisirs que peuvent procurer les dollars et l'alcool.

Un économiste, Irving Fisher, farouche partisan de la ligue antisaloons, se livre à une étude, d'où il ressort que le fait de boire deux à quatre verres de bière par jour se traduit dans le travail d'un typographe par un pourcentage d'erreurs s'élevant à 8% et diminue de 22% chez un militaire la vitesse de marche en montagne. La même consommation augmente de 30% les erreurs dans les exercices de tir.

A la fin de l'année scolaire, il est de tradition que chaque collège organise des festivités. Au début, quand le proviseur et le censeur sont présents, on ne boit que du jus d'orange. Mais lorsqu'ils s'en vont, les étudiants sortent alors les bassines cachées contenant le punch artisanal. Les alcools ont deux origines, la contrebande et la fabrication dans les brasseries et les distilleries installées à l'intérieur même du pays. La police fédérale a du travail. Quand elle prend sur le fait des contrebandiers ou des gangsters, ceux-ci trouvent toujours des témoins et des avocats qui viennent jurer que l'inculpé n'est qu'une innocente victime.

A la fin de la guerre, l'armée américaine a vendu ses camions qu'elle jugeait dépassés. Les contrebandiers ont saisi l'occasion et ont acheté ces camions pour quelques centaines de dollars l'unité. Ces camions permettent de transporter les boissons interdites du Canada aux villes les plus importantes des Etats-Unis. Le trafic se fait aussi par mer. Les Etats-Unis ont 7 500 kilomètres de côtes et il est impossible d'empêcher cette contrebande.

Le 24 juin 1924, le bateau le Mulhouse, vapeur français de 1 900 tonnes, chargé de 36 404 caisses de champagne, de whisky et de rhum, arrive en vue de New York. L'ancre est jetée à la limite des eaux territoriales. Le 27 juin au matin, des contrebandiers menacent les 28 hommes d'équipage de leurs armes et obligent les marins à sortir la cargaison des cales. Quand il ne reste plus que 1 231 caisses, le chef des pirates et ses hommes s'en vont. Les armateurs français portent plainte et se retournent contre leurs assureurs qui refusent de payer la marchandise volée.

Malgré les arrivées d'alcool de France, d'Angleterre et du Canada, les Etats-Unis en manque. C'est alors que des brasseries clandestines s'organisent. Leurs patrons sont en général protégés par la police.

La Prohibtion qui a duré de 1919 à 1933 a provoqué de la contrebande et du gangstérisme dans des proportions gigantesques dans certaines villes comme Chicago. Chacun connaît l'exemple de Al Capone qui contrôlait tout le sud de Chicago et dont la fortune était estimée à 40 millions de dollars. Il disposait d'une "armée" de 700 hommes et bénéficiait des conseils de 53 avocats. Il possédait une partie du centre de Chicago et roulait dans une voiture blindée de sept tonnes.

 

Jugée inefficace, la Prohibition est supprimée par le président Roosevelt en 1933.

 

Pour plus de détails concernant cette période, nous vous invitons à consulter sur

 

www.jazz-culture.over-blog.com

 

 "Les rois du Jazz", son article intitulé "Le Jazz à l'époque de la Prohibition".

 

    

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Published by louisiane.catalogne.over-blog.com
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