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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 10:54

 

 

"Mark Twain, Huck Finn, Tom Sawyer et La Salle se bousculèrent dans l'esprit de Nick tandis qu'il regardait la plaine d'eau plate et brune qui avançait lentement. 'Enfin, j'aurai quand même vu le Mississippi', se dit-il content." Ernest Hemingway, dans sa nouvelle "La traversée du Mississippi" imagine un Nick, peut-être lui-même, traversant le grand fleuve confortablement assis dans un train. Voir le Père des eaux, le boulevard des Amériques faisait partie des rêves de Nick, un rêve d'enfance mûri par les lectures des récits des pionniers, des coureurs de bois, des marchands de fourrure, de coton, des voyageurs qui sur ces bateaux à aubes partaient du nord en direction de la Nouvelle Orléans.

Mark Twain a souvent écrit des histoires qui se déroulaient sur les bords du Mississippi, sur les bords mais aussi sur le fleuve, des histoires de bateaux à aubes sur lesquels tous les touristes rêvent de monter, même pour une heure seulement. Mark Twain, né en 1835, à grandi sur les bords du fleuve ; les aventures de Tom Sawyer et de Huckleberry Finn montrent sa bonne connaissance du fleuve, de ses beautés, de ses écueils aussi. Il avait, avant d'écrire les récits des deux jeunes garçons, navigué sur ses eaux tumultueuses. Le pseudonyme de Mark Twain (son vrai patronyme était Samuel Langhorne Clemens) vient d'un terme de navigation. "Un marin, penché à la proue, maniait la sonde et transmettait au maître du bateau, debout sur la passerelle, hiératique comme un Neptune en charge d'âmes, le résultat de ses observations (...) 'Mark four, half four, mark four, mark three, mark twain', criait l'homme, ce qui signifiait que la profondeur de fleuve passait à cet endroit-là de vingt-quatre à douze pieds", nous apprend Maurice Denuzière dans son roman "Louisiane". Il précise que Mark Twain a conduit des bateaux pendant cinq ans de la Nouvelle Orléans à Memphis ou à Pittsburgh, mais qu'il a abandonné ce métier après avoir vu périr son frère à bord d'un vapeur dont les chaudières explosèrent. Les vapeurs se faisaient souvent la course sur le Mississippi et tous les moyens étaient permis pour surpasser les autres navires, quitte à faire tout exploser et à risquer la vie de dizaines de passagers.

Le Nick d'Hemingway pense aussi à La Salle. Né à Rouen en 1643, Robert Cavelier de La Salle se passionna dès son plus jeune âge pour la Nouvelle-France et les affaires concernant l'Amérique, d'autant plus que son oncle était membre de la Compagnie des Cent Associés, qui avait reçu pour mission de mettre en valeur les immensités canadiennes. Dès 1666, il s'installe à Montréal, mais la vie de colon lui pèse rapidement et il préfère participer à des voyages de découverte organisés à ce moment-là. Après plusieurs tentatives infructueuses, il entreprend, en 1682, avec le chevalier Henry de Tonty, de s'enfoncer vers le Sud. Il descend le Mississippi, accompagnés seulement de quelques hommes, et atteint le delta du grand fleuve. Sur les bords du golfe du Mexique, une croix est érigée et les nouvelles terres découvertes prennent solennellement le nom de LOUISIANE au nom du roi de France Louis XIV. Trois ans plus tard, La Salle entreprend de retrouver l'embouchure du Mississippi, mais confondant celle-ci avec la baie de Galveston, plus à l'Ouest (dans l'actuel Texas), ses hommes épuisés se révoltent et le tuent. Ce n'est qu'en 1699 que Pierre d'Iberville reconnaîtra l'embouchure du Mississippi et découvrira les lacs connus depuis sous le nom de Ponchartrain et de Maurepas. Michel Peyramaure, dans son roman "Louisiana" nous parle de l'expédition d'Iberville: "Après une longue et pénible progression à contre-courant, le détachement d'Iberville arriva en vue d'un village de huttes. Le premier mot qu'il entendit dans la bouche des Indiens le fit fondre de joie : 'Oumas...' Le second lui donna la certitude d'être sur la bonne voie : 'Tonty...'

(...) Après trois jours de navigation le convoi abordait aux territoires de chasse des Indiens Bayagoulas. L'anse où ils rangèrent leurs canots était dominée par un étrange monument : un tronc d'arbre haut d'une trentaine de pieds, badigeonné de rouge de la base au sommet, orné de trophées barbares : crânes d'ours, d'alligators, gueules de numerisation0003-copie-2.jpgpoissons géants et peaux de serpents." Ce tronc d'arbre peint en rouge a donné son nom à la capitale de la Louisiane : Baton Rouge.

 

 

 

 

 

 

 

Photo, un élevage d'alligators dans le Sud de l'Etat de la Louisiane.  

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Published by louisiane.catalogne.over-blog.com
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