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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 10:01

 

 

Selon une estimatIon du CNC (Centre national du cinéma), 82,5 millions d'entrées ont été enregistrées dans les salles de cinéma en France entre le 1er janvier et le 31 mai 2011, la part du cinéma français étant estimée à 38,5 %. En 2010, 37,6 millions de personnes sont allées au cinéma, soit 65,4 % de la population française. La part des films américains est en France, terre du septième art par excellence et par exception, de 58 %, contre 72 % en Espagne, 90 % au Royaume-Uni (chiffres de 2003). Un présentateur TV pouvait en 1978 dire que le cinéma américain s'était taillé la part du lion, au cours des années précédentes, avec des films comme "Les Dents de la mer", "La Guerre des Etoiles", "La fièvre du samedi soir", "Grease", etc. La situation n'a pas changé quand on voit le succès de certains films comme "Titanic". Les films américains ont largement pénétré le marché français dès la fin de la seconde guerre mondiale. En mai 1946, étaient signés à Washington les accords Blum-Byrnes portant sur l'abrogation des mesures douanières restrictives imposées par la France contre un prêt pour permettre la reconstruction du pays. "Après six semaines de marchandage, Léon Blum signait avec le secrétaire d'Etat James Byrnes un accord qui peut se résumer en trois points essentiels et une annex importante. L'essentiel, c'est le double geste américain - liquidation des créances de guerre jusqu'à concurrence d'un peu moins de trois milliards de dollars, avance pour le financement du plan français d'un peu moins de 700 millions de dollars (les espoirs français étaient du triple...) - et le prix que paye la France : l'abandon de contingents d'importation protégeant la production française. L'annexe, introduite à la demande expresse du secrétaire d'Etat Byrnes - et dont léon Blum semble avoir très mal mesuré la portée -, c'est la renonciation à la majorité de mesures de protection du cinéma français contre la concurrence américaine, les salles n'étant plus tenues à projeter qu'un film français par mois. Mesure habilement arrachée à une délégation mal informée, et qui devait peser lourdement sur le cinéma français..." (1) Les Etats-Unis vont pouvoir ainsi exporter les centaines de films produits entre 1939 et la fin de la guerre et souvent déjà rentabilisés, dont les films oscarisés en 1946, l'année des dits accords, dont "The Lost Week-End" de Billy Wilder, "Mildred Pierce" de Michael Curtiz, "National Velvet" de Clarence Brown, "A Tree grows in Brooklyn" d'Elia Kazan et surtout le très céléèbre "Gone with the wind" (Autant en emporte le vent) de Victor Fleming avec Vivien Leigh et Clark Gable,010-copie-2 tourné en 1939. "Déjà fragile, le cinéma français risquerait de faire les frais d'une telle concurrence. D'où les véhémentes protestations qui arrivent de toutes les branches professionnelles, aussi bien patronales que salariales." (2) Les accords Blum-Byrnes sont ratifiés par l'Assemblée constituante le 1er août 1946, année de naissance de Liza Minelli, Sylvester Stallone et Oliver Stone. Le 7 octobre de la même année, s'ouvrira le premier Festival international du film de Cannes. "Massivement présents, les Américains espéraient sans doute un peu plus de récompenses que celles qu'ils ont obtenues, notamment le prix d'interprétation masculine décerné à Ray Milland pour sa prestation dans "le Poison", de Billy Wilder. (2) 

 

 

 

 

Photo, le cinéma le Castillet de Perpignan (Pyrénées-Orientales) fête cette année le centenaire de sa construction. 

(1) Extrait de "Léon Blum" par Jean Lacouture (1977)

(2) "Chronique du Cinéma" aux éditions Chronique(1992)      

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