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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 09:28

009-copie-1.JPG Le Museum d'histoire naturelle de Perpignan accueille jusqu'au mois de mai 2011, une exposition sur le thème " Le grenat de Perpignan, une gemme de caractère".

Aménagé dans un ancien hôtel particulier du 17ème siècle, le Museum d'histoire naturelle de Perpignan, présente une collection d'animaux rares ou disparus des Pyrénées-Orientales ainsi que des oiseaux migrateurs, des mollusques, des minéraux. Dans la salle Companyo, du nom du fondateur du Museum en 1840, on peut y voir des objets ethnologiques océaniens ( dont de nombreux provenant de Nouvelle-Calédonie ) et des animaux exotiques dont un crocodile du Siam d'une longueur de quatre mètres. La visite se termine par la salle de la momie égyptienne, un prêtre de la 21ème dynastie, cadeau de Ibrahim Pacha venu faire une cure thermale à Vernet-les-Bains.

Le Museum ( photo ci-dessus ) offre aussi aux visiteurs et aux étudiants, une bibliothèque pour les recherches scientifiques et la popularisation de la culture.

 

L'exposition "Le grenat de Perpignan, une gemme de caractère" présente des bijoux et en explique la fabrication.

Les grenats sont une gemme dont la gamme de couleurs ambrasse une large palette avec toutes les nuances du rouge.

Ils sont montés en joaillerie et les rouges et les violacés sont les couleurs courantes employées dans le Roussillon.

Le Canigou ( 2 784 mètres ) est constitué en grande partie de minerais de fer et son sous-sol recèle de nombreux grenats. Autrefois extrait des montagnes des Pyrénées-Orientales, le grenat provient maintenant de pays comme le Mozambique, le Kénya, la Tanzanie, Madagascar, le Sri Lanka, l'Inde. En Europe, on extrait le grenat de Bohème en République Tchèque.

 

La confrérie du Grenat de Perpignan, défend le savoir-faire local en matière de fabrication des bijoux et entend sauvegarder la fabrication dite en  "taille de Perpignan".

Les bijoux en grenat de Perpignan sont sertis de façon à ce que la pierre soit à fond plat et facettée sur le dessus. Issu d'une méthode de travail très ancienne, seule la bijouterie catalane continue de pratiquer ce type de montage disparu partout ailleurs en Europe. Aujourd'hui, les tailleries d'Idar-Obenstein en Rhénanie-Palatinat approvisionnent les bijoutiers catalans en pierre dite "de Perpignan".

 

La fabrication du bijou se décompose de la façon suivante :

 

1) Le tirage de l'or à la filière : Issu de l'extraction minière ou de la récupération des métaux, l'or est exclusivement employé pour la fabrication des bijoux en grenat de Perpignan. Fondu et travaillé en fines plaques ou en fils de différentes épaisseurs, l'or est d'abord passé au banc à étirer ou au laminoir. Le tirage de l'or demandait parfois la force de plusieurs hommes. Outre la fabrication des bijoux, le tirage de l'or entrait dans celle des fils d'or des broderies d'église et des brocards.

2) Estampage et sertissure de l'or : L'estampage consiste à imprimer manuellement une forme en creux sur une plaque d'or à l'aide d'une matrice. Les fils d'or sont tréfilés dans un laminoir à sertissure qui va imprimer le filet ou rail sur lequel la pierre pourra venir de poser. Chaque pierre est contournée par la sertissure qui est soudée au fond afin de réaliser le chaton. Le principe de l'estampage manuel est omniprésent dans la fabrication des fonds de chaton ainsi que dans les éléments qui constituent la croix badine(*).

3) Le paillon et le serti du grenat : Afin d'améliorer la luminosité et l'éclat du grenat, un paillon, feuille d'argent de teinte rouge, est découpé puis mis au fond du chaton, pour réfléchir la lumière et aviver la pierre. Ce procédé ancien est lié à la technique du serti clos qui consiste à entourer la pierre d'une bâte de métal qui l'enchâsse complétement. La partie est réalisée à la lime puis le métal est rabattu.

 

(*) Remise au goût du jour à la fin du 19ème siècle, la croix badine est ainsi nommée à cause de son tremblement exercé par une charnière dissimulée.

 

Dans les dernières années du 19ème siècle, le régionalisme en Roussillon joue un grand rôle dans la création artistique; c'est la Belle-Epoque.

Le bijou devient un emblème de la catalanité et un signe d'appartenance à la culture catalane à tel point qu'après la guerre de 1870, les bijoutiers délaissent le montage des autres pierres pour choisir exclusivement le grenat.. Le bijou en grenat de Perpignan supplantera même la traditionnelle coiffe de dentelle après la guerre de 14-18.

C'est bien le sentiment régional qui lui confère encore aujourd'hui sa charge identitaire. Quelle famille catalane n'a pas porté un bijiou en grenat qui se transmet de génération en génération ?

Impliquée dans ce régionalisme, l'Eglise catholique a porté haut son intérêt pour le grenat et les évêques portent dans les années 20 une croix ornée de grenats.

C'est l'époque où de nombreux bijoutiers comme Augustin Colomer se spécialisent dans la fabrication du bijou en grenat. Installé rue Llucia, il est aussi à l'origine de la fondation de la Chambre Syndicale des Maîtres-artisans et de la Mutuelle artisanale en 1927 et de la Chambre des Métiers en 1930. Il participe à l'Exposition universelle de 1937 et y présente des chefs d'oeuvre dont un Castillet comportant 324 grenats.

Après 1945, le bijoutier Georges Lavaill fabrique ses bijoux entre respect de la tradition et utilisation des techniques modernes. Il deviendra le fondeur attitré de Salvador Dali en s'installant à Barcelone. La fin des années 80 voit la création de la confrérie du Grenat de Perpignan qui oeuvre à garantir les m"thodes authentiques et artisanales. Elle défile en cortège chaque année pour la Saint-Eloi dans les rues de Perpignan.   

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Published by louisiane.catalogne.over-blog.com
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