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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 13:05

 

 

 

Durant le 18ème siècle, certaines îles des Antilles changèrent de mains : c'est ainsi que les Espagnols durent céder les Bahamas aux Anglais (1717), que les Français donnèrent Saint-Barthélémy aux Suédois (1784), que les Anglais occupèrent la Martinique et la Guadeloupe jusqu'alors françaises (de 1794 à 1800), et que les Espagnols cédèrent Trinidad et Tobago aux Anglais (1797). L'île de la Dominique fut enlevée aux Espagnols et tour à tour partagée entre les Français et les Anglais, de 1750 à 1796, date à laquelle elle devint anglaise.

A la fin du 18ème siècle, les Espagnols ne possédaient plus, aux Antilles, que les îles de Cuba, Puerto Rico, et l'est de l'île d'Haiti. L'Espagne possédait encore toute l'Amérique centrale (sauf Bélize occupé par les Anglais d'une façon officielle en 1765), et toute l'Amérique du Sud (sauf la Guyane française, le Surinam hollandais et le Guyana qui fut cédé par les Hollandais aux Anglais en 1796).

 

La flibuste, officiellement dissoute en 1691 laissa la place à la véritable piraterie, c'est-à-dire aux pillages sanglants non reconnus par une autorité royale quelconque. Les pirates travaillaient pour leur propre compte et étaient ainsi des hors-la-loi aux yeux de tout le monde.

On sait même qu'il y eut des femmes pirates. En effet, en 1731, les magistrats de Port-Royal (Jamaique), qui jugeaient des pirates, apprirent avec stupéfaction que deux femmes comptaient parmi les prisonniers. Ces deux femmes se nommaient Mary Reed (originaire du Pays de Galles) et Ann Bonney (fille d'un négociant de la Jamaique).

Ann Bonney voulait épouser un simple matelot, mais son père refusa. C'est pour cela qu'elle quitta la Jamaique avec son ami pour les Bahamas. Durant la traversée, elles se lia d'amitié avec le maître d'équipage du navire, John Rackam. C'est au cours d'une attaque fomentée par Rackam (Ann Bonney ayant délaissé son fiancé se lia définitivement à Rackam et se jeta à corps perdu dans la lutte contre les Espagnols), que Mary Read, d'abord prisonnière des pirates, accepta de travailler pour Rackam et Bonney.

Mary Read était ce que l'on peut appeler un "garçon manqué". Sa mère la faisait d'ailleurs passer pour un garçon, et même adolescente, Mary continua de porter des vêtements d'homme. Plus tard, elle épousa un aubergiste, s'établit en Angleterre, mais devint vite veuve. Désemparée, elle s'engagea dans la marine et s'embarqua pour les Antilles.

Rackam, Bonney et Read attaquèrent de nombreux navires espagnols et anglais avant d'être fait prisonniers par ces derniers. Ils furent tous trois condamnés à mort. Seul Rackam fut pendu - par les pieds -, Mary Read, malade, mourut, et Ann Bonney fut grâciée.

 

Le 18ème siècle ne fut pas que le siècle des pirates ; il fut aussi celui moins heureux du trafic d'esclaves noirs (commerce triangulaire). Ces esclaves étaient échangés en Afrique contre de la pacotille, et transportés en Amérique à bord de navires, les négriers, qualifiés par Mirabeau de "bières flottantes". En France, la Compagnie Française de Guinée eut le monopole de ce trafic à partir de 1701 ; en Angleterre, la South Sea Company eut le monopole de ce trafic à partir de 1713. Mais ce trafic devint libre en 1759. A la fin du 18ème siècle, on pouvait affirmer que plusieurs millions de Noirs avaient déjà traversé l'océan Atlantique.

Les négriers avaient en général 30 mètres de longueur, 7 de largeur, et pouvaient contenir 450 esclaves. Hommes et femmes étaient séparés, et voyageaient nus pour la plupart, entassés les une sur les autres. Chaque matin, on sortait les morts et les mourants. On peut dire que la mortalité oscillait entre 7 et 26 % durant les traversées.

Mais les négriers craignaient aussi les révoltes (en 1738 sur l'Africain, 13 morts ; en 1785 sur un navire hollandais, 500 morts), et les pirates aussi qui jusqu'en 1740, harcelèrent les négriers.

"Les voyages en effet se faisaient selon un cycle invariable, triangulaire si l'on peut dire, en raison de leurs trois phases successives :

1° Départ d'Europe vers l'Afrique avec la pacotille destinée à être troquée à la Côte occidentale contre le 'bois d'ébène'.

2° D'Afrique aux Antilles et à l'Amérique méridionale où la cargaison humaine était vendue ou troquée contre les produits du pays : sucre, rhum, coton ou café.

3° Retour en Europe avec ce dernier fret.

Officiellement, de tels navires étaient censés ne faire qu'un voyage d'aller et retour d'un port d'Europe aux Antilles, puisque aucun document ne mentionnait leur escale en Afrique." "La Sirène de Rio Pongo", Henry de Monfreid.

 

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