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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 08:23

Restaurant-rue-Rabelais.JPG

 

Jeudi dernier (18 octobre 2012) a eu lieu la première soirée des "lectures de la maison rouge" - restaurant-bar-lounge - rue Rabelais à Perpignan (Pyrénées-Orientales), qui était consacrée à l'écrivain et poète Albert Bausil (1881-1943). Josiane Coranti et Jean-Louis Ferrer, tous deux chroniqueurs à France Bleu Roussillon, lurent des textes de celui qui fut, dans les années 20, le mentor de Charles Trenet.

 

En mai 1905, Henri Matisse, en villégiature à Collioure (il y restera jusqu'en septembre) rend visite au sculpteur Aristide Maillol dans sa maison de Banyuls-sur-Mer. Sont présents les peintres roussillonnais Georges-Daniel de Monfreid (père de l'auteur des Secrets de la mer Rouge), Etienne Terrus (peintre né et mort à Elne) et Louis Bausil (frère d'Albert). Un mois plus tard, tout ce petit monde se retrouve dans la maison de Monfreid à Corneilla-de-Conflent.

Né à Carcassonne en 1876, Louis Bausil se consacre à la peinture et expose pour la première fois à Perpignan en 1901 avec ses amis artistes roussillonnais : Maillol, Monfreid, Terrus et Violet. Louis Codet, écrivain et poète, ami d'Apollinaire et de Marie Laurencin, fait paraître dans La Clavellina, revue mensuelle de littérature et d'art, un article qui rend compte de cette exposition et qui parle longuement de la peinture de Bausil : "Louis Bausil se plaît aux aspects de brume, coloris de notre pays, comme une robe de bal transparente ; les champs de coquelicots, les pêchers en fleurs, lui sont agréables ; il fréquente l'éclairage humide et doré de l'aurore, le profil net des vaporeuses Albères, et, sous les chênes-lièges, le lent soleil du soir. Affermissant, de jour en jour, son pinceau naguère un peu mou, il vient de montrer déjà au public perpignanais, dans plus de trente toiles, son âme charmante. Car c'est une âme, en vérité, qui émane de ces toiles, pourtant fort exactes, fidèles et naïves ; mais le paysage, lorsqu'il l'a caressé, devient sensible comme un visage."

En 1906, Louis Bausil expose pour la première fois au salon des Indépendants à Paris. Il y exposera chaque année jusqu'en 1914. A Perpignan, il s'installe dans une maison de la rue Rabelais au-dessus des anciens remparts et en fait son atelier. C'est cette maison qui a été transformée au début de cette année en restaurant sous le nom de "la maison rouge".

 

Louis Bausil avait deux soeurs et deux frères dont Albert. Albert Bausil voit le jour à Castres où son père est sous-préfet. A la mort de ce dernier en 1887, la famille retourne dans le Roussillon d'où la mère est originaire et s'installe dans une maison de la rue Petite la Réal.

"Notre rue c'était la rue Petite-de-la-Réal. Elle n'avait rien de spécial. Mais c'était notre rue. Elle avait une âme à elle. Elle avait une vie que les autres rues n'avaient pas. Je connaissais toutes ses maisons. Je connaissais toutes ses lampes et le reflet des abat-jour sur chacune des tables mises, l'hiver, dans la salle-à-manger.

La rue Petite-de-la-Réal était pavée. Elle était même mal pavée, comme toutes les rues des petites villes de province à cette époque. L'herbe ne poussait plus entre les pavés, mais on avait ménagé, au milieu de la chaussée, un passage en terre battue, rouge, afin que les chevaux d'officiers et les attelages de camions ne glissent pas, quand ils montaient vers les Esplanades."

Louis Bausil a très tôt une véritable passion pour le théâtre. "Comme acteur, il se distingue dès 1902, en interprétant des rôles tels que celui de l'Aiglon dans la pièce du même nom d'Edmond Rostand écrite en 1900 ou celui de Percinet (Les Romanesques, du même auteur). D'ailleurs l'un de ses nombreux pseudonymes, dans son journal Le Coq Catalan, fut Percinet. Il joua aussi dans Gringoire, dans Le Baiser, d'autres pièces de Théodore de Banville, dans Jean-Marie, de Theuriet. Citons encore ses interprétations dans Le Luthier de Crémone, dans Le Passant, de François Coppée et dans Le Flibustier, de Jean Richepin, dans des comédies d'Eugène Labiche, de Georges Couteline, d'Alfred de Musset, de Miguel Zamacoïs.

Comme il l'annonçait dans la préface de Primeroses et rimes roses, en 1905, Bausil va tenter sa chance à Paris comme la plupart des écrivains roussillonnais qui veulent se faire un nom. En 1910 il entra à la rédaction du journal L'Excelsior où il était chargé de la chronique théâtrale. Il connut à ce moment-là tous les grands acteurs du moment, comme Mérode, Réjane, Polaire, et les plus remarqués, comme Mistinguett, Maurice Chevalier, Suzy Solidor, Gaby Morlay, Tino Rossi... Il connut également Jean Cocteau et Max Jacob."

 

La soirée des lectures de la maison rouge du 18 octobre 2012 a été parrainée par le Centre méditerranéen de littérature (CML), France Bleu Roussillon et Delmas Musique.

Cet article a été écrit grâce aux ouvrages suivants :

- le guide de l'exposition "1894-1908, le Roussillon à l'origine de l'art moderne" (Palais des Congrès de Perpignan, 1998) ;

- Promenade littéraire dans les rues de Perpignan, textes choisis et présentés par Michel Wallon (mare nostrum, 2004) ;

- Albert Bausil, présentation et anthologie de Pere Verdaguer (Publications de l'Olivier, 2005). 

 

 

Photo, la maison rouge, rue Rabelais (Perpignan).

 

 

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