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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 10:28

 

 

C'était aux environs de Lorient, il faisait un soleil brillant et nous nous promenions, regardant par ces jours de septembre la mer monter, monter et couvrir les bois, les paysages, les falaises. Bientôt il ne resta plus à lutter contre la mer bleue que des méandres de sentiers sous les arbres et les familles se rapprochaient. Il y avait parmi nous un enfant habillé en costume de marin. Il était triste il me prit la main : "Monsieur, me dit-il, j'ai été à Naples, savez-vous qu'à Naples, il y a beaucoup de petites rues ; dans ces rues on peut rester tout seul sans que personne vous voie : ce n'est pas qu'il y ait beaucoup de monde à Naples mais il y a tant de petites rues qu'il n'y a jamais qu'une rue par personne ! - Quel mensonge vous fait encore ce petit, me dit le père, il n'est pas allé à Naples. - Monsieur, votre fils est un poète. - C'est bien mais si c'est un littérateur je lui tordrai le cou !" Les méandres des sentiers laissé à sec par la mer lui avaient fait songer aux rues de Naples.

 

 

Max Jacob, "Le Cornet à D028-copie-1.JPGés"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo, quelque part à Collioure

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Michel Cristofol 03/03/2011 17:32


Très beau texte, que je ne connaissais pas et que je retiens, sur la définition du poète; mais j'ai par contre tout de suite reconnu la photo du coin, sans avoir lu la légende. Une mer, totalement
différente de l'océan, qui aurait inspiré sûrement d'autres pensées à l'enfant-poète.