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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 09:54

 

 

 

"Cinq fois par jour au moins, Lorca faisait allusion à sa mort. La nuit, il ne pouvait pas s'endormir si, à plusieurs, nous n'allions pas le 'coucher'. Une fois au lit, il trouvait encore le moyen de prolonger indéfiniment les conversations poétiques les plus transcendantales qui aient eu lieu en ce siècle. Presque toujours, il finissait par discuter de la mort, et surtout de sa propre mort.

Lorca imitait et chantait tout ce dont il parlait, notamment son décès. Il le mettait en scène en le mimant : 'Voilà - disiat-il - comment je serai au moment de ma mort !' Après quoi, il dansait une sorte de ballet horizontal qui représentait les mouvements saccadés de son corps pendant l'enterrement, lorsque le cercueil descendrait une certaine pente abrupte de Grenade. Puis il nous montrait comment serait son visage quelques jours après sa mort. Et ses traits, qui n'étaient pas beaux d'ordinaire, s'auréolaient soudain d'une beauté inconnue et même d'une excessive joliesse. Alors, sûr de l'effet qu'il venait de produire sur nous, il souriait, éclatant du triomphe que lui procurait l'absolue possession lyrique de ses spectateurs." Salvador Dali, extrait de "Journal d'un génie", Port Lligat, le 1er novembre 1952.

 

 

Memento, Federico Garcia Lorca :

 

 

   Cuando yo me muera,                                                     Quand je mourrai,

enterradme con mi guitarra                                      enterrez-moi avec ma guitarre

      sobre la arena.                                                                    sous le sable.

 

   Cuando yo me muera,                                                     Quand je mourrai,

      entre los naranjos                                                         parmi les orangers

        y la hierbabuena.                                                         et la bonne menthe.

 

   Cuando yo me muera,                                                     Quand je mourrai,

  enterradme, si queréis,                                             enterrez-moi, si vous voulez,

         en una veleta.                                                              dans une girouette.

 

 

   Cuando yo me muera !                                                   Quand je mourrai !

 

 

Extrait de "Poème du cante jondo"

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