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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 11:13

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Devant la cathédrale de Perpignan, s'étend une place en forme de triangle dont les côtés sont de tailles inégales, pas un narthex, pas vraiment un parvis, mais un espace encadré par de belles façades de différentes époques, où les spectacles qui y ont lieu rassemblent souvent une foule considérable. C'est le cas, par exemple, pour la cavalcade des Rois Mages en janvier, et pour les 'Jeudis de Perpignan' en juillet et en août. Cette place, s'est longtemps appelée "Plaça de la Llana" ou place de la laine. Depuis le début du 20ème siècle, elle porte le nom d'un homme politique français qui est né à Cahors en 1838 et qui est mort à Paris en 1882 : Léon Gambetta.

Gambetta siégea au Corps législatif avec la minorité républicaine qui prit position contre la guerre de 1870. Après la défaite de Sedan, il participa à la journée révolutionnaire du 4 septembre au cours de laquelle furent proclamées la déchéance de l'empereur et la Troisième République. Il quitta Paris en ballon en octobre 1870, afin d'organiser à Tours, comme ministre de l'Intérieur, la résistance à l'ennemi. "De Tours, Gambetta anime la politique de la défense nationale, après que Thiers a en vain essayé d'arracher à Bismarck, dans les premiers jours de novembre des conditions favorables d'arrêt des combats. Cette politique n'a pas de vraies chances d'enrayer durablement l'avance ennemie, et Gambetta s'accroche d'ailleur à tort à l'idée de libérer Paris, dont il n'a pas les moyens militaires. Mais ce qu'elle a d'intéressant est qu'elle déplace le conflit politique d'un cran par rapport à la situation parisienne. Drapée elle aussi dans les grands souvenirs, la patrie en danger, la levée en masse, elle anime un effort de guerre important au nom d'une République jacobine qui n'est pas révolutionnaire. Gambetta 'récupère' habilement les insurrections communalistes de Marseille et de Lyon en mêlant concessions et répression, entre septembre et novembre. Sa parole infatigable dessine une stratégie qui vise à envelopper l'extrême gauche dans l'effort de salut national au nom de la tradition républicaine, mais sous la direction de ses préfets, et dans le cadre des institutions civiles et militaires de l'Etat." (1) Hostile à la capitulation et partisan d'une guerre à outrance, il donna sa démission. Elu député en 1871, il parvint à faire adopter les lois constitutionnelles qui instauraient la république en 1875. Président de la Chambre (1879) puis président du Conseil (1881), son gouvernement dit 'le grand ministère' fut rapidement renversé.  

 

Une panneau explicatif installé sur la place près de la façade de la cathédrale raconte qu'une église, première église paroissiale de Perpignan et appelée Saint-Jean-le-Vieux, a été consacrée le 16 mai 1025. Toujours debout, cette église que l'on ne peut pas visiter, présente encore son beau portail et son haut clocher romans. De la construction des 11ème et 12ème siècles, il ne reste, à l'intérieur, que quelques éléments dont deux chapelles. La chapelle de Notre-Dame-des-Correcs (correc en catalan désigne un ravin où coule par intermittence un maigre filet d'eau) était le lieu où on vénérait la statue de la Vierge à l'Enfant, sculptée vers 1300. Au début du 14ème siècle, la croissance démographique rendit l'église insuffissante aux besoins des fidèles. L'évêque Béranger Battle et le roi Sanche posèrent, le 27 avril 1324, les deux premières pierres de ce qui allait devenir la cathedrale de Perpignan. Le gros oeuvre fut terminé au début du 16ème siècle et l'évêque procéda en 1509 à la consécration de l'édifice.

 

 

(1) François Furet, "La Révolution - 1770-1880" (Histoire de France Hachette, 1988).

 

Photo, la sardane un dimanche matin sur la place Gambetta (Perpignan)

   

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Published by louisiane.catalogne.over-blog.com
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michel.cristofol.over-blog.com 24/08/2011 10:00


Avant de s'appeler " plaça de la Llana ", cette place se nommait " plaça dels Clergues " ou " dels Sacerdots ", au XVIIIè siècle, en raison de l'existence dans ses parages du Séminaire ou d'une
dépendance de cet établissement. Au XVIIè siècle, elle portait le nom de " Plaça de l'Enrajolat ", appellation dérivée du carrelage de briques : "rajoles".


louisiane.catalogne.over-blog.com 24/08/2011 10:36



Merci pour toutes ces précisions qui sont les bienvenues et qui développent un sujet qui ne se veut pas complet. Le mois d'août à Perpignan, pas toujours calme (voir la folie
des 'Jeudis de Perpignan') est propice à la promenade et à la détente ; ces quelques articles sur des rues et des places de la ville sont faits pour que les visiteurs se renseignent sur ce qu'ils
vont voir et à eux ensuite d'apporter leurs commentaires car chacun voit les choses à sa façon.