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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 13:35

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En 2011, le cinéma "le Castillet" de Perpignan fêtera le centième anniversaire de sa construction.

 

 

Le cinématographe et les Pyrénées-Orientales racontent depuis cent ans une histoire d'amour, de coeur et de passion. 

Beaucoup de films ont été tournés dans les décors naturels du département 66 et de nombreux festivals y ont été créés pour la plus grande  joie  des cinéphiles. Le plus ancien cinéma de Perpignan fêtera en 2011 le centième anniversaire de sa construction. "Le Castillet", bâtiment art-nouveau situé au coeur de la ville, a en effet ouvert ses portes en 1911 et les films qu'on y projetait comme plus tard dans les salles "le Magenta" ( 1913 ) et  "le Nouveau Théâtre" ( 1925 ), ont fait naître un tel engouement que Perpignan peut s'enorguellir d'être à l'origine, bien avant d'autres villes, de la naissance d'associations dont  "Les amis du cinéma" créée en 1962 qui se transformera en Institut Jean Vigo sous l'impulsion de Marcel Oms. Cet institut regroupe un ciné-club, le festival Confrontations, des publications, une médiathèque, un centre de formation.

 

La diversité des paysages et du patrimoine architectural attire depuis plus de septante ans les réalisateurs de films dans les Pyrénées-Orientales. C'est ce que rappelait M. Jean-Noel Grando dans la conférence qu'il a donnée le samedi 18/12 à la Médiathèque de Perpignan, et auteur d'un ouvrage voulu par un éditeur local qui s'intitule " Cent ans de cinéma dans les Pyrénées-Orientales" avec en couverture une Catherine Deneuve jeune qui pose devant le célèbre clocher de l'église N-D-des-Anges de Collioure. L'auteur du livre balaie toute idée reçue qui consiste à penser que les réalisateurs tournent leurs films dans le département à cause du beau temps. Il raconte le repérage fait dans les Pyrénées-Orientales pour les besoins d'un film, sous un soleil de plomb et le tournage effectué sous des pluies diluviennes ou par jours de grand vent. Parmi les derniers films tournés complètement ou partiellement dans le 66, on peut citer "J'ai oublié de te dire..." avec Omar Sharif, "Je suis content que ma mère soit vivante" de Claude Miller et "Leur morale et la nôtre" avec André Dussolier et Victoria Abril.

Pendant l'occupation allemande, deux films seulement ont été tournés dans le département. En 1942, André Cayatte fait jouer Danielle Darrieux dans "La fausse maîtresse", long métrage financé par la société Continental Films avec des capitaux allemands. Un an plus tard, Jean Dréville choisit la Cerdagne et le lac des Bouillouses pour planter le décor de son "Tornavara" avec Pierre Renoir, Jean Servais sur un scénario de Charles Exbrayat. La dernière scène sera cependant écrite par un inconnu dont le nom ne figure même pas au générique : Jean-Paul Sartre.

Dans les années 50, on se déplace peu et les films sont surtout tournés dans des décors de carton pâte à Paris, à Boulogne et à Nice. Notons tout de même "Le chemin de la drogue" de Louis Licot ( 1953 ) où un inspecteur de police traque un trafiquant entre le Perthus et Bourg-Madame et surtout "Le fils de Caroline Chérie" ( sans Martine Carol ) de Jean Devaivre en 1955, avec Jean-Claude Pascal, Sophie Desmarets, Magali Noel et... Brigitte Bardot. Dans ce film où l'action est censée se dérouler à Tarragone en Espagne, on voit plusieurs fois le toujours célèbre clocher de Collioure et la Tour Madeloc. Jean-Michel Grando essaie d'imaginer l'aura qu'aurait eu Collioure et son port si d'aventure la belle Brigitte Bardot s'y était attachée au lieu de lui préférer Saint-Tropez, lieu de tournage de son film le connu "Et Dieu créa la femme" de Roger Vadim. Ce n'était pas alors le premier film de B.B. qui avait déjà tourné dans une douzaine de films dont "Si Versailles m'était conté" et "Les Grandes manoeuvres".

En 1960, en pleine Nouvelle Vague, Jacques Doniol-Valcroze, époux d'une descendante de la famille Bardou ( famille d'industriels connus pour avoir fondé l'entreprise de papier à cigarettes JOB ), choisit la résidence de sa belle-famille, le chateau d'Aubiry, pour décor d'un film avec Françoise Brion, Bernadette Lafont, Michel Galabru, "L'eau à la bouche" dont le musique est signée de Serge Gainsbourg.

La même année, André Hunebelle tourne "Le Bossu" avec Jean Marais, Bourvil, François Chaumette, Jean le Poulain, film de cape et d'épée, à Villefranche de Conflent.

Catherine Deneuve fait ses débuts à Collioure dans "Et Satan conduit le bal" de Grisha Dabat ( avec Jacques Perrin ) dans un film tourné à Saint-Vicens dans les décors de Firmin Bauby.

En 1961, Peter Van Eyck joue dans "La fête espagnole" de Jean-Jacques Vierne. Puis suivent "Vacances en enfer" de Jean Kerchbron avec Michel Subor, "Accroche-toi, y'a du vent !" de Bernard Roland avec Henri Salvador et Francis Blanche. Plus connus "Le Petit Baigneur" de Robert Dhéry où les débuts ont été tournés à Collioure, "L'Etalon" de Jean-Pierre Mocky avec Bourvil dont c'est l'un des derniers rôles ( il décèdera en septembre 1970 ) et un Francis Blanche porté en triomphe par des femmes excitées à l'Hôtel Pams, et surtout "La Scoumoune" de José Giovanni en 1972 avec Jean-Paul Belmondo, Claudia Cardinale et Michel Constantin.

Jean-Paul Belmondo reviendra dans le 66 pour "L'Alpagueur" de Philippe Labro ( avec Bruno Cremer ) où le Lydia du Barcares sera aussi la vedette.

"Le Retour de Martin Guerre" ( 1982 ) où Gérard Depardieu joue au Palais des Rois de Majorque.

"Coup de foudre"  de Diane Kurys en 1983 qui évoque le camp de Rivesaltes pendant la guerre

Plus cocasses, deux films "Poussière d'Empire" de Lam Lê ( 1983 ) et "Chine ma douleur" de Dai Sijie ( 1989 ) où les gorges de Galamus sont le décor d'une Chine millénaire.

Il est à noter que les studios de Hollywood se sont déplacés dans les P.-O. pour deux films remarquables :

En 1975, "L'Evadé" ( Breakout ) de Tom Gries avec Charles Bronson où le fort de Bellegarde est transformé en pénitencier mexicain : Un homme est emprisonné au Mexique et proclame son innocence. Sa femme n'ayant pu l'en faire sortir par des moyens légaux, engage un mercenaire pour tenter de le faire évader. Ce film est sorti en France sur les écrans le 19 mars 1975 dans l'indifférnece générale.

"La Neuvième Porte" ( The Ninth Gate ) de Roman Polanski ( 1999) avec Johnny Depp, film satanique dont le réalisateur a le secret, où l'acteur, qui campe un bibliophile, est à la recherche d'un volume précieux et perdu qui l'emmènera dans un dédale de pièges.      

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Photo : M. Jean-Noel Grando dédicace son livre aux spectateurs conquis par sa conférence.

 

 

A noter que le cinéma "le Castillet" de Perpignan a été construit en 1911 sur l'idée de Joan Font, catalan qui avait déjà ouvert à Barcelone une salle de cinéma en 1906 et sur les plans de l'architecte Montes avec des sculptures de Auguste Guénot.   

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