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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 11:07

 

Jusqu'au 15 janvier 2012, les Ballets russes sont à l'honneur à la Caixa Forum de Barcelone dans une exposition intitulée "Les Ballets russes de Diaghilev 1909/1929 : Quand l'art danse avec la musique".

 

En 1909, les Ballets russes emmenés par Serge de Diaghilev se produisent au théâtre du Châtelet à Paris (France). "Les spectacles de 1910 sont donnés sur la scène de l'Opéra, ceux de 1911 et de 1912 de nouveau au Châtelet, ceux de 1913 et enfin de 1914 au théâtre des Champs-Elysées, ce théâtre qui a été construit en pensant à eux." (1) Parmi les compositeurs qui écrivirent de la musique pour les Ballets russes, le plus prolifique fut Igor Stravinski (1882-1971), "fils d'un chanteur du théâtre impérial de Saint-Pétersbourg, travailla la composition et surtout l'orchestration avec Rimsky-Korsakow mais chercha seul sa voie. Ses premières compositions - Symphonie en mi bémol, le Faune et la Bergère, un Scherzo fantastique et Feu d'artifice - ne laissaient pas deviner son tempérament de conquistador lorqu'un événement singulier vint imposer à son talent et à sa vie une orientation inattendue. Un amateur d'art très cultivé et soucieux de marcher à l'avant-garde de son époque, Serge de Diaghilew (1872-1929), avait fondé une revue d'art où il favorisait les échanges entre les artistes russes et les poètes d'Occident et organisé des expositions ambulantes de peinture et des tournées lyriques et chorégraphiques à l'étranger." (2)

Extrait du programme des Concerts Colonne (Théâtre du Châtelet) du dimanche 16 novembre 1975, écrit par Michèle Reverdy : "Né en 1882, Igor Stravinsky avait déjà parcouru en 1917, avec l'achèvement de Noces, ce que l'on a appelé depuis sa période russe, et que l'on peut considérer comme une première étape dans sa carrière de compositeur : étape au cours de laquelle il pose les jalons d'un langage nouveau essentiellement rythmique, et digère peu à peu l'acquit culturel de sa jeunesse russe.

L'Oiseau de feu, inspiré par un conte oriental, fut composé sur la demande de Diaghilev pour la saison 1910 des Ballets russes à Paris. Oeuvre à l'orchestration brillante, dans laquelle l'emploi merveilleux des instruments à vent laisse pressentir l'orchestre du Sacre, elle symbolise, dans une constante dualité entre les parties mélodiques et les parties rythmiques, la lutte du Bien (Yvan) et du Mal (Kastcheï).

Plan : Introduction - L'oiseau de feu et sa danse - Variations - Ronde des Princesses - Danse infernale du roi Kastcheï - Berceuse - Final."   

Après l'Oiseau de feu en 1910, Igor Stravinski écrira Pétrouchka en 1911 puis, en mai 1913, Diaghilev, sur une chorégraphie de Nijinski, "jette aux Parisiens, comme un défi, Le Sacre du printemps, ballet préhistorique sur une partition de Stravinski. Quel beau tapage ! Le spectacle qui sera créé au théâtre des Champs-Elysées, ce théâtre d'où l'on est vu de partout. On en profite pour prendre des postures avantageuses ; dès les premières mesures - des mesures heurtées et violentes qui paraissent à beaucoup cacophoniques - des auditeurs se lèvent, protestent, sifflent, se lancent des défis." (1) "L'explosion fut atomique. Au dernier accord, plus rien ne restait debout dans le domaine de l'harmonie, du contrepoint, de la grammaire et de la syntaxe classiques. On ne reconnaissait même plus les outils orchestraux traditionnels que l'assaillant avait utilisés comme instruments contondants ! Une terreur panique s'empara de l'assistance ; néanmoins tout auditeur de bonne foi dut renconnaître que cet engin était un merveilleux chef-d'oeuvre de mécanique et qu'enfin une formule valable et efficace de l'anti-charme était découverte." (2) "Toute réflexion faite, LE SACRE est encore une 'oeuvre fauve', une oeuvre fauve organisée. Gauguin et Matisse s'inclinent devant lui. Mais si le retard de la musique sur la peinture empêchait nécessairement LE SACRE d'être en coïncidence avec d'autres inquiétudes, il n'en apportait pas moins une dynamite indispensable. De plus, n'oublions pas que la collaboration tenace de Strawinsky avec l'entreprise Diaghilew, et les soins qu'il prodigue à sa femme, en Suisse, le tenaient écarté du centre (*). Son audace était donc gratuite. Enfin, telle quelle, l'oeuvre était et reste un chef-d'oeuvre ; symphonie empreinte d'une tristesse sauvage, de terre en gésine, bruits de ferme et de camp, petites mélodies qui arrivent du fond des siècles, halètement de bétail, secousses profondes, géorgiques de préhistoire." (3) "Après le premier choc, le public et les critiques finirent par accepter le Sacre. Une semaine après la représentation parisienne, le ballet fut présenté à Londres où il ne rencontra qu'un succès modéré. En 1920, Diaghilev le monta de nouveau à Paris. Il avait demandé à Massine de refaire la chorégraphie et cette nouvelle version reçut un bon accueil. Depuis, de nombreuses interprétations en ont été données." (4) "Naguère c'est sur Nijinski qu'il (Diaghilev) se penchait voluptueusement comme un tendre trésor. Nijinski se trouve présentement dans une maison de santé. Avec la même lente jouissance, c'est Léonide Massine que Diaghilev a découvert aujourd'hui." (5)

 

 

(*) Ce 29 mai 1913, au théâtre des Champs-Elysées de Paris, l'orchestre était dirigé par Pierre Monteux.  

 

(1) La France de M. Fallières, Jacques Chastenet de l'Académie française (1949)

(2) Histoire de la musique, Emile Vuillermoz (1949) 

(3) Le Coq et l'Arlequin, Jean Cocteau

(4) Extrait de l'encyclopédie Les grands compositeurs et leur musique (Hachette)

(5) Le Premier janvier 1920, Arthur Conte   

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